Ils toussent quand je parle: ils croient que la toux est une objection contre les grands vents, - ils ne devinent rien du bruissement de mon bonheur!
"Nous n'avons pas encore le temps pour Zarathoustra," - voilà objection; mais qu'importe un temps qui "n'a pas le temps" pour Zarathoustra?
Lors même qu'ils me glorifieraient: comment pourrais-je m'endormir sur leur gloire? Leur louange est pour moi une ceinture épineuse: elle me démange encore quand je l'enlève.
Et cela aussi je l'ai appris au milieu d'eux: celui qui loue fait semblant de rendre ce qu'on lui a donné, mais en réalité veut qu'on lui donne davantage!
Demandez à mon pied si leur manière de louer et d'allécher lui plaît! En vérité, il ne veut ni danser, ni se tenir tranquille selon une telle mesure et un tel tic-tac.
Ils essaient de me faire l'éloge de leur petite vertu et de m'attirer vers elle; ils voudraient bien entraîner mon pied au tic-tac du petit bonheur.
Je passe au milieu de ce peuple et je tiens mes yeux ouverts: ils sont devenus plus petits et ils continuent à devenir toujours plus petits: - c'est leur doctrine du bonheur et de la vertu qui en est la cause.
Car ils ont aussi la modestie de leur vertu, - parce qu'ils veulent avoir leurs aises. Mais seule une vertu modeste se comporte avec les aises.
Ils apprennent aussi à marcher à leur manière et à marcher en avant: c'est ce que j'appelle aller clopin-clopant. - C'est ainsi qu'ils sont un obstacle pour tous ceux qui se hâtent.
Les pieds et les yeux ne doivent ni mentir ni se démentir. Mais il y a beaucoup de mensonges parmi les petites gens.