Mais ainsi tu es de ceux qui fuient la lumière, de ceux que la lumière inquiète sans cesse. Maintenant il te faut quotidiennement plonger ta tête plus profondément dans la nuit et les ténèbres.
Et, en vérité, tu as bien choisi ton heure: car les oiseaux de nuit ont repris leur vol. L'heure des êtres nocturnes est venue, l'heure du chômage où ils ne - "chôment" pas.
Je l'entends et je le sens: l'heure est venue des chasses et des processions, non des chasses sauvages, mais des chasses douces et débiles, reniflant dans les coins, sans faire plus de bruit que le murmure des prières, - des chasses aux cagots, pleins d'âme: toutes les souricières des coeurs sont de nouveau braquées! Et partout où je soulève un rideau, une petite phalène se précipite dehors.
Était-elle blottie là avec une autre petite phalène? Car partout je sens de petites communautés cachées; et partout où il y a des réduits, il y a de nouveaux bigots avec l'odeur des bigots.
Ils se mettent ensemble pendant des soirées entières et ils se disent: "Redevenons comme les petits enfants et invoquons le bon Dieu!" - Ils ont la bouche et l'estomac gâtés par les pieux confiseurs.
Ou bien, durant de longs soirs, ils regardent les ruses d'une araignée à l'affût, qui prêche la sagesse aux autres araignées, en leur enseignant: "Sous les croix, il fait bon tisser sa toile!"
Ou bien ils sont assis pendant des journées entières à pêcher à la ligne au bord des marécages, et ils croient que c'est là être profond; mais celui qui pêche où il n'y a pas de poisson, j'estime qu'il n'est même pas superficiel!
Ou bien ils apprennent avec joie et piété à jouer de la harpe chez un chansonnier qui aimerait bien s'insinuer dans le coeur des petites jeunes femmes: - car ce chansonnier est fatigué des vieilles femmes et de leurs louanges.
Ou bien ils apprennent la peur chez un sage à moitié détraqué qui attend, dans des chambres obscures, que les esprits apparaissent - tandis que leur esprit disparaît entièrement!
Ou bien ils écoutent un vieux charlatan, musicien ambulant, à qui la tristesse du vent a enseigné la lamentation des tons; maintenant il siffle d'après le vent et il prêche la tristesse d'un ton triste.