O mes frères, ce que je puis aimer en l'homme, c'est qu'il est une transition et un déclin. Et, en vous aussi, il y a beaucoup de choses qui me font aimer et espérer.

Vous avez méprisé, ô hommes supérieurs, c'est ce qui me fait espérer. Car les grands méprisants sont aussi les grands vénérateurs.

Vous avez désespéré, c'est ce qu'il y a lieu d'honorer en vous. Car vous n'avez pas appris comment vous pourriez vous rendre, vous n'avez pas appris les petites prudences.

Aujourd'hui les petites gens sont devenus les maîtres, ils prêchent tous la résignation, et la modestie, et la prudence, et l'application, et les égards et le long ainsi-de-suite des petites vertus.

Ce qui ressemble à la femme et au valet, ce qui est de leur race, et surtout le micmac populacier: cela veut maintenant devenir maître de toutes les destinées humaines - ô dégoût! dégoût! dégoût!

Cela demande et redemande, et n'est pas fatigué de demander: "Comment l'homme se conserve-t-il le mieux, le plus longtemps, le plus agréablement?" C'est ainsi - qu'ils sont les maîtres d'aujourd'hui.

Ces maîtres d'aujourd'hui, surmontez-les-moi, ô mes frères, - ces petites gens: c'est eux qui sont le plus grand danger du Surhumain!

Surmontez-moi, hommes supérieurs, les petites vertus, les petites prudences, les égards pour les grains de sable, le fourmillement des fourmis, le misérable contentement de soi, le "bonheur du plus grand nombre" - !

Et désespérez plutôt que de vous rendre. Et, en vérité, je vous aime, parce que vous ne savez pas vivre aujourd'hui, ô hommes supérieurs! Car c'est ainsi que vous vivez - le mieux!

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