Je suis des voies nouvelles et il me vient un langage nouveau; pareil à tous les créateurs je fus fatigué des langues anciennes. Mon esprit ne veut plus courir sur des semelles usées.
Tout langage parle trop lentement pour moi: - je saute dans ton carrosse, tempête! Et, toi aussi, je veux encore te fouetter de ma malice!
Je veux passer sur de vastes mers, comme une exclamation ou un cri de joie, jusqu'à ce que je trouves les Iles Bienheureuses, où demeurent mes amis: -
Et mes ennemis parmi eux! Comme j'aime maintenant chacun de ceux à qui je puis parler! Mes ennemis, eux aussi, contribuent à ma félicité.
Et quand je veux monter sur mon coursier le plus fougueux, c'est ma lance qui m'y aide le mieux: elle est toujours prête à seconder mon pied: -
La lance dont je menace mes ennemis! Combien je rends grâce à mes ennemis de pouvoir enfin la jeter!
Trop grande était l'impatience de mon nuage: parmi les rires des éclairs, je veux lancer dans les profondeurs des frissons de grêle.
Formidable, se soulèvera ma poitrine, formidable elle soufflera sa tempête sur les montagnes: c'est ainsi qu'elle sera soulagée.
En vérité, mon bonheur et ma liberté s'élancent pareils à une tempête! Mais je veux que mes ennemis se figurent que c'est l'Esprit du mal qui fait rage au-dessus de leurs têtes.
Oui, vous aussi, mes amis, vous serez frappés d'effroi devant ma sagesse sauvage; et peut-être fuirez-vous devant elle tout comme mes ennemis.