[21] Tibulle, II, 2. Horace, Odes, IV, 11. Ovide, Trist., III, 13; V, 5. Les Grecs donnaient à leurs dieux domestiques ou héros l'épithète de ephestioi ou hestioeuchoi.
[22] Plaute, Aulul., II, 7, 16: In foco nostro Lari. Columèle, XI, 1, 19: Larem focumque familiarem. Cicéron, Pro domo, 41; Pro Quintio, 27, 28.
[23] Servius, in Aen., III, 134.
[24] Virgile, IX, 259; V, 744.
[25] Euripide, Oreste, 1140-1142.
[26] Servius, in Aen., V, 84; VI, 152. Voy. Platon, Minos, p. 315.
CHAPITRE IV.
LA RELIGION DOMESTIQUE.
Il ne faut pas se représenter cette antique religion comme celles qui ont été fondées plus tard dans l'humanité plus avancée. Depuis un assez grand nombre de siècles, le genre humain n'admet plus une doctrine religieuse qu'à deux conditions: l'une est qu'elle lui annonce un dieu unique; l'autre est qu'elle s'adresse à tous les hommes et soit accessible à tous, sans repousser systématiquement aucune classe ni aucune race. Mais cette religion des premiers temps ne remplissait aucune de ces deux conditions. Non seulement elle n'offrait pas à l'adoration des hommes un dieu unique; mais encore ses dieux n'acceptaient pas l'adoration de tous les hommes. Ils ne se présentaient pas comme étant les dieux du genre humain. Ils ne ressemblaient même, pas à Brahma qui était au moins le dieu de toute une grande caste, ni à Zeus Panhellénien qui était celui de toute une nation. Dans cette religion primitive chaque dieu ne pouvait être adoré que par une famille. La religion était purement domestique.
Il faut éclaircir ce point important; car on ne comprendrait pas sans cela la relation très-étroite qu'il y a entre ces vieilles croyances et la constitution de la famille grecque et romaine.