On voit par tout cela que la famille des temps les plus anciens, avec sa branche aînée et ses branches cadettes, ses serviteurs et ses clients, pouvait former un groupe d'hommes fort nombreux. Une famille, grâce à sa religion qui en maintenait l'unité, grâce à son droit privé qui la rendait indivisible, grâce aux lois de la clientèle qui retenaient ses serviteurs, arrivait à former à la longue une société fort étendue qui avait son chef héréditaire. C'est d'un nombre indéfini de sociétés de cette nature que la race aryenne paraît avoir été composée pendant une longue suite de siècles. Ces milliers de petits groupes vivaient isolés, ayant peu de rapports entre eux, n'ayant nul besoin les uns des autres, n'étant unis par aucun lien ni religieux ni politique, ayant chacun son domaine, chacun son gouvernement intérieur, chacun ses dieux.
NOTES
[1] Démosthènes, in Neoer., 71. Voy. Plutarque, Thémist., 1. Eschine, De falsa legat., 147. Boeckh, Corp. inscr., 385. Ross, Demi Attici, 24. La gens chez les Grecs est souvent appelée [Grec: patra]: Pindare, passim.
[2] Hésychius, [Grec: gennaetai]. Pollux, III, 52; Harpocration, [Grec: orgeones].
[3] Plutarque, Thémist., I. Eschine, De falsa legat., 147.
[4] Cicéron, De arusp. resp., 15. Denys d'Halicarnasse, XI, 14. Festus, Propudi.
[5] Tite-Live, V, 46; XXII, 18. Valère-Maxime, I, 1, 11. Polybe, III, 94. Pline, XXXIV, 13. Macrobe, III, 5.
[6] Démosthènes, in Macart., 79; in Eubul., 28.
[7] Tite-Live, V, 32. Denys d'Halicarnasse, XIII, 5. Appien, Annib., 28.
[8] Denys d'Halicarnasse, II, 7.