NOTES
[1] Est-il nécessaire de rappeler toutes les traditions grecques et italiennes qui faisaient de la religion de Jupiter une religion jeune et relativement récente? La Grèce et l'Italie avaient conservé le souvenir d'un temps où les sociétés humaines existaient déjà et où cette religion n'était pas encore formée. Ovide, Fast., II, 289; Virgile, Géorg., I, 126. Eschyle, Euménides, Pausanias, VIII, s. Il y a apparence que chez les Hindous les Pitris ont été antérieurs aux Dévas.
[2] Le même nom cache souvent des divinités fort différentes: Poséidon Hippios, Poséidon Phytalmios, Poséidon Érechthée, Poséidon Aegéen, Poséidon Héliconien étaient des dieux divers qui n'avaient ni les mêmes attributs, ni les mêmes adorateurs.
[3] [Grec: Hestiouchoi, ephestioi, patrooi. 0 emos Zeus], Euripide, Hécube, 345; Médée, 395. Sophocle, Ajax, 492. Virgile, VIII, 643. Hérodote, I, 44.
[4] Tite-Live, IX, 29. Denys, VI, 69.
[5] Hérodote, V, 64, 65; IX, 27. Pindare, Isthm., VII, 18. Xénophon, Hell., VI, 8. Platon, Lois, p. 759; Banquet, p. 40. Cicéron, De divin., I, 41. Tacite, Ann., II, 54. Plutarque, Thésée, 23. Strabon, IX, 421; XIV, 634. Callimaque, Hymne à Apoll., 84. Pausanias, I, 37; VI, 17; X, 1. Apollodore, III, 13. Harpocration, V° Eunidai. Boeckh, Corp. inscript., 1340.
CHAPITRE III.
LA CITÉ SE FORME.
La tribu, comme la famille et la phratrie, était constituée pour être un corps indépendant, puisqu'elle avait un culte spécial dont l'étranger était exclu. Une fois formée, aucune famille nouvelle ne pouvait plus y être admise. Deux tribus ne pouvaient pas davantage se fondre en une seule; leur religion s'y opposait. Mais de même que plusieurs phratries s'étaient unies en une tribu, plusieurs tribus purent s'associer entre elles, à la condition que le culte de chacune d'elles fût respecté. Le jour où cette alliance se fit, la cité exista.
Il importe peu de chercher la cause qui détermina plusieurs tribus voisines à s'unir. Tantôt l'union fut volontaire, tantôt elle fut imposée par la force supérieure d'une tribu ou par la volonté puissante d'un homme. Ce qui est certain, c'est que le lien de la nouvelle association fut encore un culte. Les tribus qui se groupèrent pour former une cité ne manquèrent jamais d'allumer un feu sacré et de se donner une religion commune.