[27] Aristophane, Guêpes, 860-865. Homère, Iliade, XVIII, 504.
[28] Denys, II, 73. Servius, X, 14.
[29] Denys, IX, 57. Virgile, VII, 601. Xénophon, Hellen., VI, 5.
[30] Hérodote, VIII, 6. Plutarque, Agésilas, 6; Publicola, 17. Xénophon, Gouv. de Lacéd., 14. Denys, IX, 6. Stobée, 42. Julius Obsequens, 12, 116.
[31] Eschyle, Sept chefs, 252-260. Euripide, Phénic., 573.
[32] Diodore, IV, 5. Photius: [Grec: thriambos, epideixis nixes, pompe].
[33] Varron, L. L., VI, 64. Pline, H. N., VII, 56. Macrobe, I, 19.
CHAPITRE VIII.
LES RITUELS ET LES ANNALES.
Le caractère et la vertu de la religion des anciens n'était pas d'élever l'intelligence humaine à la conception de l'absolu, d'ouvrir à l'avide esprit une route éclatante au bout de laquelle il pût entrevoir Dieu. Cette religion était un ensemble mal lié de petites croyances, de petites pratiques, de rites minutieux. Il n'en fallait pas chercher le sens; il n'y avait pas à réfléchir, à se rendre compte. Le mot religion ne signifiait pas ce qu'il signifie pour nous; sous ce mot nous entendons un corps de dogmes, une doctrine sur Dieu, un symbole de foi sur les mystères qui sont en nous et autour de nous; ce même mot, chez les anciens, signifiait rites, cérémonies, actes de culte extérieur. La doctrine était peu de chose; c'étaient les pratiques qui étaient l'important; c'étaient elles qui étaient obligatoires et qui liaient l'homme (ligare, religio). La religion était un lien matériel, une chaîne qui tenait l'homme esclave. L'homme se l'était faite, et il était gouverné par elle. Il en avait peur et n'osait ni raisonner, ni discuter, ni regarder en face. Des dieux, des héros, des morts réclamaient de lui un culte matériel, et il leur payait sa dette, pour se faire d'eux des amis, et plus encore pour ne pas s'en faire des ennemis.