— Bon! bon! mon cher, répartit mon oncle. Je ne dis cela que pour ton bien et non pour te faire de la peine. Raconte-moi donc tes griefs: je parie que ce ne sont que bagatelles.
— La vie m'est devenue impossible.
— Par la faute de qui?
— Par celle de tout le monde, mais spécialement de Matriona, qui fait le malheur de mon existence. Toutes les personnes de marque qui ont pu me voir depuis mon enfance, ont toujours dit que j'avais l'air d'un étranger, surtout par les traits de mon visage, c'est connu. Et voilà, Monsieur, que je ne puis plus faire un pas sans que tout le monde me crie toutes sortes de vilains mots. Tenez, comme je me rendais près de vous, on m'en a crié encore. Je n'en peux plus! Protégez-moi, Monsieur, de par votre haute autorité.
— Voyons, Vidopliassov; qu'est-ce qu'on te dit donc? Sans doute quelque bêtise à laquelle il ne faut pas faire attention.
— Il serait indécent de vous le dire.
— Mais quoi donc?
— J'aurais honte de le prononcer.
— Dis quand même!
— Voici: Grichka le Hollandais a mangé une orange!