— Respectueux envers Foma Fomitch, mon oncle?

— Qu'y faire, mon ami? Je ne le défends pas. Il a sans doute des défauts et en ce moment… Ah! mon Sérioja, comme tout cela m'inquiète. Comme tout pourrait s'arranger et comme nous pourrions tous être heureux!… Mais qui n'a ses défauts? Nous ne sommes pas non plus des perfections.

— De grâce, mon oncle, rendez-vous compte de ce qu'il fait.

— Bah! ce ne sont que des chicanes! Ce que je peux te dire, c'est qu'il m'en veut en ce moment, et sais-tu pourquoi?… Du reste c'est peut-être de ma faute. Je te raconterai ça plus tard.

— Vous savez, mon oncle, j'ai là-dessus mes idées personnelles — j'avais hâte de les lui communiquer —: cet homme qui servit de bouffon, s'est trouvé peiné, humilié, blessé dans son idéal; de là son caractère aigri, méchant; il veut se venger sur toute l'humanité. Mais, si on le réconciliait avec ses semblables, si on le rendait à lui-même…

— Précisément! précisément! cria mon oncle avec enthousiasme, c'est précisément cela! Tu as une noble pensée! Il serait honteux, indigne de nous de l'accuser! C'est très juste! Ah! mon ami, tu me comprends! Tu m'apportes la joie. Pourvu que tout s'arrange, là- bas, dans la salle! Tu sais, j'ai peur d'y faire mon entrée. Te voilà arrivé; je vais être bien arrangé!

— Mon cher oncle, s'il en est ainsi… fis-je, très confus de son aveu.

— Non! non! non! Pour rien au monde! s'écria-t-il en me prenant les mains. Tu es mon hôte et tu resteras!

Mon étonnement allait toujours grandissant.

— Mon oncle, insistai-je, dites-moi pourquoi vous m'avez fait venir. Que voulez-vous de moi et en quoi pouvez-vous être coupable à mon égard?