Lisa traversa la chambre et s'arrêta en silence devant Barbara Pétrovna. Celle-ci l'embrassa, lui prit les mains et, l'écartant un peu de sa personne, la considéra avec émotion, puis elle fit le signe de la croix sur la jeune fille et se remit à l'embrasser.

— Allons, adieu, Lisa (il y avait comme des larmes dans la voix de Barbara Pétrovna), crois que je ne cesserai pas de t'aimer, quoi que te réserve désormais la destinée… Que Dieu t'assiste. J'ai toujours béni sa sainte volonté.

Elle voulait encore ajouter quelque chose, mais, faisant un effort sur elle-même, elle se tut. Lisa retournait à sa place, toujours silencieuse et pensive, quand, soudain, elle s'arrêta devant sa mère.

— Maman, je ne pars pas tout de suite, je vais encore rester un moment chez ma tante, dit-elle d'une voix douce, mais dénotant néanmoins une résolution indomptable.

— Mon Dieu, qu'est-ce que c'est? cria, en frappant ses mains l'une contre l'autre, Prascovie Ivanovna.

Lisa, sans répondre, sans même paraître entendre, alla se rasseoir dans son coin et regarda de nouveau en l'air.

Une expression de triomphe se montra sur le visage de Barbara
Pétrovna.

— Maurice Nikolaïévitch, j'ai un grand service à vous demander: ayez la bonté d'aller en bas jeter un coup d'oeil sur cet homme, et, s'il y a quelque possibilité de le laisser entrer, amenez-le ici.

Maurice Nikolaïévitch s'inclina et sortit. Une minute après, il revint avec M. Lébiadkine.

IV