— Je le sais bien.

— Il veut se battre. Dites-moi comment vous entendez que le duel ait lieu.

— Je tiens beaucoup à ce que tout soit fini demain. Allez chez lui à neuf heures. Vous lui ferez part de mes propositions, il les repoussera et vous abouchera avec son témoin, — il sera alors onze heures, je suppose. Vous confèrerez avec ce témoin, et, à une heure ou à deux heures, tout le monde pourra se trouver sur le terrain. Je vous en prie, tâchez d'arranger les choses de la sorte. L'arme sera, naturellement, le pistolet. Les deux barrières seront séparées par un espace de dix pas, vous placerez chacun de nous à dix pas de sa barrière, et, au signal donné, nous marcherons l'un contre l'autre. Chacun devra nécessairement s'avancer jusqu'à sa barrière, mais il pourra tirer avant d'y être arrivé. Voilà tout, je pense.

— Dix pas entre les deux barrières, c'est une bien petite distance, objecta Kiriloff.

— Allons, mettons-en douze, mais pas plus, vous comprenez qu'il veut un duel sérieux. Vous savez charger un pistolet?

— Oui. J'ai des pistolets; je donnerai ma parole que vous ne vous en êtes pas servi. Son témoin en fera autant pour ceux qu'il aura apportés, et le sort décidera avec quelle paire de pistolets on se battra.

— Très bien.

— Voulez-vous voir mes pistolets?

— Soit.

La malle de Kiriloff était dans un coin, il ne l'avait pas encore défaite, mais il en retirait ses affaires au fur et à mesure qu'il en avait besoin.