— Ah! vous vous en allez aussi, au revoir, fit-elle avec son affabilité accoutumée. — Remettez mes salutations à Stépan Trophimovitch, et engagez-le à venir me voir bientôt. Maurice Nikolaïévitch, Antoine Lavrentiévitch s'en va. Excusez maman, elle ne peut pas venir vous dire adieu…
Je sortis, et j'étais déjà en bas de l'escalier, quand un domestique me rejoignit sur le perron.
— Madame vous prie instamment de remonter…
— Madame, ou Élisabeth Nikolaïevna?
— Élisabeth Nikolaïevna.
Je trouvai Lisa non plus dans la grande salle où nous étions tout à l'heure, mais dans une pièce voisine. La porte donnant accès à cette salle, où il n'y avait plus maintenant que Maurice Nikolaïévitch, était fermée hermétiquement.
Lisa me sourit, mais elle était pâle. Debout au milieu de la chambre, elle semblait hésitante, travaillée par une lutte intérieure; tout à coup elle me prit par le bras, et, sans proférer un mot, m'emmena vivement près de la fenêtre.
— Je veux _la _voir sans délai, murmura-t-elle en fixant sur moi un regard ardent, impérieux, n'admettant pas l'ombre d'une réplique; — je dois _la _voir de mes propres yeux, et je sollicite votre aide.
Elle était dans un état d'exaltation qui rend capable de tous les coups de tête.
— Qui désirez-vous voir, Élisabeth Nikolaïevna? demandai-je effrayé.