*357.---- Mémoires de l'Amérique-Septentrionale, ou la suite des Voyages de M le Baron de La Hontan, qui contient la description d'une grande étendue de pays de ce continent; l'intérêt des Français et des Anglais, leur commerce, leurs navigations, les moeurs et les coutumes des Sauvages; avec un petit dictionnaire de la langue du pays. Le tout enrichi de cartes et de figures, et augmenté dans le second tome de la manière dont les Sauvages se régalent: La Haye, L'Honoré, 1715. 2 vols. in-12.
"L'auteur, quoique homme de condition, fut d'abord soldat en Canada; il fut fait ensuite officier, et ayant été envoyé à Terre-Neuve en qualité de Lieutenant de Roi de Plaisance, il se brouilla avec le Gouverneur, fut cassé, et se retira d'abord en Portugal, ensuite en Dannemarc. La grande liberté qu'il adonnée à sa plume a beaucoup contribué à faire lire son livre, et l'a fait rechercher avec avidité partout où l'on n'était pas à portée de savoir que le vrai y est confondu avec le faux. Presque tous les noms propres y sont estropiés, la plupart des faits y sont défigurés, et l'on y trouve des épisodes entières qui sont de pures fictions, telle qu'est le voyage sur la Rivière-Longue. Le Dictionnaire de la langue du pays, comme s'il n'y avait qu'une langue en Canada, n'est qu'un assez méchant vocabulaire de la langue Algonquine."--Le P. De Charlevoix.
"Outre les objets annoncés dans les titres de ces différens ouvrages, on y trouve la relation de la course de Lahontan à l'Ouest. Il la commença le 24 Sept. 1688, avec quelques soldats de sa compagnie et cinq chasseurs Outagamis. Il partit de Michillimakinac, gagna le Mississipi par l'Ouisconcin, en suivant la même route que Carver. Il entra ensuite, le 7 Novembre, dans une rivière qu'il nomma la Rivière Longue: ce ne peut être, d'après le volume des eaux, que la Rivière St.-Pierre. Il la remonta, vit diverses peuplades, telles que les Essénapès et les Gnacsitares, dont les noms ont été entièrement inconnus aux autres voyageurs. Il planta, chez ces derniers, un poteau aux armes de France: ils lui dessinèrent une carte, sur laquelle étaient marqués le cours de la Rivière Longue, et celui d'un Fleuve qui prenait sa source dans la même chaîne de montagnes, et qui coulait à l'Ouest. Le 26 Janvier 1689, Lahontan quitta les Gnacsitares, entra le 2 mars, dans le Mississipi, qu'il descendit jusqu'à l'Ouabache ou l'Ohio. Le 9 Avril, il arriva à l'embouchure de la Rivière des Illinois, et revint, par le Lac Michigan, à Michillimakinac. Charlevoix n'hésite pas à décider que ce voyage de Lahontan, à la Rivière Longue, n'est qu'une pure fiction: mais, en mettant à part toute prévention, l'on ne trouve pas de motif plausible pour en nier la réalité. Quoiqu'il y ait des erreurs dans les noms des peuplades sauvages, et dans la position des lieux, cependant la fidélité de cette relation est garantie par autant de témoins qu'il y avait de Français à la suite du voyageur; et jamais celui-ci n'a été accusé d'imposture sur ce point. Si les inexactitudes d'un ancien Voyageur devaient le faire accuser de fourberie, combien s'en trouverait-il qui pussent être justifiés? Le toit de Lahontan est d'avoir attribué aux sauvages des idées rafinées et des sentimens subtils, et d'avoir énoncé des opinions peu d'accord avec l'ordre de choses établi chez les nations civilisées. Il ne voyait que les injustices qu'il avait éprouvées: son esprit ulcéré enveloppa dès-lors dans la même proscription les sociétés et leurs institutions civiles et religieuses. Son livre porte pour frontispice, un Sauvage armé d'un arc et d'une flèche, un pied posé sur un code de lois, l'autre sur une couronne et un sceptre. A l'entour, on lit cette inscription: Et leges et sceptra terit; elle annonce le fond des raisonnemens de l'auteur, quand il fait parler les Sauvages. Au reste, il décrit bien leurs moeurs: il donne de bonnes notions sur le Canada; et ce qu'il dit de la mauvaise gestion des affaires dans ce pays, contient des vérités. Charlevoix n'a pu oublier le jugement que porte l'auteur sur la conduite politique des Jésuites: cependant jamais la pureté de leurs moeurs n'est attaquée par Lahontan. On peut encore trouver des choses instructives dans le livre de ce voyageur; car il n'est pas difficile, en le lisant, de déméler le vrai de l'imaginaire: c'est ce qu'ont fait les auteurs qui l'ont mis à contribution. Le style de Lahontan est dur et désagréable: il a été corrigé dans les dernières éditions. Ses cartes sont pitoyables."--Biog. Univ.
On attribue encore au Baron de Lahontan un autre ouvrage, qui a pour titre:
*358.---- Suite du Voyage de l'Amérique, ou Dialogue de M. Le Baron de La Hontan et d'un Sauvage de l'Amérique, contenant une description exacte des moeurs et des coutumes de ces peuples sauvages: Amsterdam, 1704 et 1705. 1 vol. in-12.
Cet ouvrage et le précédent ont été réimprimés ensemble: Amsterdam, 1728 et 1731; 3 vols. in-12. avec cartes et figures.
Le Père De Charlevoix, en attribuant ce dernier ouvrage à Lahontan dit: "Les conversations avec le Sauvage Adario, ne sont que des suppositions de l'auteur, qui a voulu nous apprendre ce qu'il pensait sur la Religion." Mais, Bernard, un Libraire éminent d'Amsterdam, qui connaissait Gueudeville pour être le réviseur des voyages de La Hontan, en désignant Gueudeville comme l'auteur de l'ouvrage en question, nous dit: "Il est bon d'apprendre au public que le Sauvage Adario, est un Moine défroqué et libertin, auteur de quelques ouvrages dans lesquels on ne trouve qu'un grossier burlesque et beaucoup d'irréligion."--Le Rédacteur.
Edition in English:
359.---- New Voyages to North America, containing an account of the several nations of that vast continent; their customs, commerce, and way of navigation upon the lakes and rivers; the several attempts of the English and French to dispossess one another; with the reasons of the miscarriage of the former, and the various adventures between the French and the Iroquese, confederates of England, from 1683 to 1694. A geographical description of Canada, and a natural history of the country, with remarks upon their government, and the interest of the English and French in their commerce. Also a Dialogue between the Author and a General of the Savages, giving a full view of the religion and strange opinions of those people, with an account of the Author's retreat to Portugal and Denmark, and his remarks on those Courts. To which is added, a Dictionary of the Algonkine language, which is generally spoken in North America. Illustrated with twenty-three maps and cuts; written in French by the Baron de La Hontan, Lord Lieutenant of the French Colony at Placentia in Newfoundland, now in England. Done into English: London, 1703. 2 vols. 8vo.
"Lahontan was a freethinker, and consequently had but little respect for the clergy; it is not therefore to be wondered at that he was persecuted in France, and his work traduced. The character given of the author and of the work by the Jesuits has been adopted by later writers, who ought to have known better. The English Edition having been translated under the direction of the author, is probably more correct than the French Editions. It contains also several additions published for the first time; particularly the "celebrated dialogue between the author and Adario," a noted man among the Savages."--Rich's Bib. Americ.
360.---- Travels in Canada; by the Baron de La Hontan. 2nd Edition: London, 1735. 2 vols. 8vo.
L'auteur, alors réfugié dans le Hanovre, publia cette dernière édition qu'il dédia au Duc de Dévonshire. Dans la préface, l'auteur ne manque pas de faire des reproches très-amers aux Ministres de la Cour de France, qui, suivant lui, ne voulurent pas lui rendre justice à l'égard de son administration comme Lieutenant du Roi dans le Gouvernement de Terre-Neuve, en 1693.--Le Rédacteur.