—Non, mon frère, dit le petit garçon. Je me rappellerai toujours les Vosges, et cette nuit où tu m'as réchauffé dans tes bras et où je me suis endormi en priant Dieu d'avoir pitié des deux orphelins à l'abandon.
—Et Dieu t'a exaucé, enfant, dit le patron, puisque vous voilà à moitié de votre long voyage et en bon chemin.
LIV.—Julien parcourt Clermont-Ferrand—Les maisons en lave.—Pâtes alimentaires et fruits confits de la Limagne.—Réflexions sur le métier de marchand.
Le vrai bonheur est dans la maison de la famille.
Quand le petit Julien arriva à Clermont et qu'il eut parcouru les rues de la ville pour faire les commissions du patron, il fut tout désappointé.
—Oh! André, dit-il au retour pendant le dîner, que c'est triste, cette ville-là! les maisons sont si hautes, et toutes les pierres noires comme de l'ardoise! on dirait une prison; pourquoi donc, monsieur Gertal?
—C'est qu'ici, presque tout est construit en lave.
—En lave? ce n'est pas beau, la lave; qu'est-ce que c'est donc?
—Julien, dit André, tu réponds trop vite; cela fait que tu parles sans réfléchir. Voyons, qu'est-ce qui sort des volcans?