Julien tout heureux ouvrit son livre.

—Ces histoires-là, dit-il, ce ne sont pas des contes du tout, c'est arrivé pour tout de bon, Jean-Joseph. Ce sont les histoires des hommes illustres de la France; il y en a eu dans toutes les provinces, car la France est une grande nation; mais nous lirons l'histoire des hommes célèbres de l'Auvergne, puisque vous êtes né en Auvergne, Jean-Joseph.

—C'est cela, dit Jean-Joseph; voyons les grands hommes de l'Auvergne.

Julien commença à voix basse, mais distinctement.

LVII.—Les grands hommes de l'Auvergne.—Vercingétorix et l'ancienne Gaule.

Il y a eu parmi nos pères et nos mères dans le passé des hommes et des femmes héroïques; le récit de ce qu'ils ont fait de grand élève le cœur et excite à les imiter.

La France, notre patrie, était, il y a bien longtemps de cela, presque entièrement couverte de grandes forêts. Il y avait peu de villes, et la moindre ferme de votre village, enfants, eût semblé un palais. La France s'appelait alors la Gaule, et les hommes à demi sauvages qui l'habitaient étaient les Gaulois.

Nos ancêtres, les Gaulois, étaient grands et robustes, avec une peau blanche comme le lait, des yeux bleus et de longs cheveux blonds ou roux qu'ils laissaient flotter sur leurs épaules.

Ils estimaient avant toutes choses le courage et la liberté. Ils se riaient de la mort, ils se paraient pour le combat comme pour une fête.

Leurs femmes, les Gauloises, nos mères dans le passé, ne leur cédaient en rien pour le courage. Elles suivaient leurs époux à la guerre; des chariots traînaient les enfants et les bagages; d'énormes chiens féroces escortaient les chars.