Au même moment, comme ils passaient près d'une ferme, on entendit un petit bêlement auquel bien vite répondirent de droite et de gauche d'autres bêlements semblables.
—Oh! les entendez-vous? dit Julien. Les voilà toutes qui se répondent les unes aux autres.
Julien riait de plaisir; mais ce joli bruit champêtre s'éteignit, étouffé par le bruit du trot de Pierrot qui courait vers Lyon à toutes jambes.
LXII.—Lyon vu le soir.—Le Rhône, son cours et sa source.
Les fleuves sont comme de grandes routes creusées des montagnes à la mer.
C'était déjà le soir quand nos voyageurs arrivèrent près de Lyon. Devant eux se dressaient les hautes collines couronnées par les dix-sept forts de Lyon et par l'église de Fourvières, qui dominent la grande cité. Ces collines étaient encore éclairées par les derniers rayons du crépuscule tandis que la ville se couvrait de la brume du soir. Mais bientôt tous les becs de gaz s'allumèrent comme autant d'étoiles qui, perçant la brume de leur blanche lueur, illuminaient la ville tout entière et renvoyaient des reflets jusque sur les campagnes environnantes.
—Que c'est joli! disait Julien; je n'avais jamais vu pareille illumination.
Bientôt nos amis arrivèrent sur les magnifiques quais du Rhône qui, avec ceux de la Saône, se développent sur une longueur de 40 kilomètres. A leurs pieds coulait en grondant le fleuve, que remontaient et descendaient des bateaux à vapeur.
—Oh! le grand fleuve! disait Julien. J'avais bien vu dans ma géographie que le Rhône est l'un des plus beaux fleuves de France, mais je ne me le figurais point comme cela.