Ouvrier trempant l'acier.—Pour donner de la dureté et de l'élasticité à l'acier (par exemple, aux lames de sabres et d'épées), on le fait rougir, puis on le trempe tout à coup dans l'eau froide.
—Oui, mes amis, dit M. Gertal, Saint-Étienne est la ville du fer et de l'acier. Cependant l'industrie du fer n'occupe encore que la moitié de ses nombreux ouvriers. Ce ne sont point des objets de quincaillerie que je vais acheter ici; ce sont des soieries, des rubans, des velours. Il y a à Saint-Étienne plus de 40,000 ouvriers occupés à tisser la soie. Ici encore on trouve ces métiers inventés par Jacquard qui fabriquent jusqu'à trente-six pièces de rubans à la fois.
En disant ces mots, M. Gertal sortit avec les deux enfants pour aller faire des achats. Il se rendit chez plusieurs fabricants de rubans et de soieries, où l'on entendait encore, malgré l'heure tardive, le bruit monotone des métiers.
M. Gertal devait rester un jour seulement à Saint-Étienne. Le surlendemain, au moment du départ, il dit à Julien:
—Mon ami, le temps approche ou nous allons nous quitter. Te rappelles-tu la promesse que je t'ai faite à Besançon? Je ne l'ai pas oubliée, moi. Voici le petit cadeau que tu désirais.
En même temps, M. Gertal atteignit un parapluie soigneusement renfermé dans un fourreau en toile cirée.—Je te l'ai acheté ici même, dit-il.
—Oh! merci, monsieur Gertal, s'écria Julien en ouvrant le parapluie. Mais, ajouta-t-il, il est en soie, vraiment! Oh! qu'il est grand et beau! voyez, monsieur Gertal, comme André et moi nous serons bien garantis là-dessous! Et avec cela il est léger comme un jonc. Que vous êtes bon, monsieur Gertal!
Puis, passant le parapluie à André, qui le remit dans son étui, l'enfant courut aussitôt embrasser le patron.
On quitta ensuite la grande ville industrielle pour se diriger vers le sud-est, et on passa du Lyonnais dans le Dauphiné.