En voyant ces deux enfants descendus du Perpignan et qui couraient vers lui, l'oncle Frantz à son tour pensa vite à ses jeunes neveux. Il leur ouvrit les bras:—Mes pauvres enfants, leur dit-il en les embrassant l'un et l'autre, comment m'avez-vous deviné au milieu de cette foule?
—Oh! dit Julien avec sa petite voix qui tremblait d'émotion, vous lui ressemblez tant! J'ai cru que c'était lui!
L'oncle de nouveau embrassa ses neveux, et tout bas:—Je ne lui ressemblerai pas seulement par le visage, dit-il; enfants, j'aurai son cœur pour vous aimer.
—Mon Dieu, murmurèrent intérieurement les deux orphelins, vous nous avez donc exaucés, vous nous avez rendu une famille!
LXXXVI.—Les sages paroles de l'oncle Frantz: le respect dû à la loi.—Un nouveau voyage.
Il faut se soumettre à la loi, même quand elle nous paraît dure et pénible.
L'oncle Frantz était sorti de l'hôpital depuis huit jours. Il avait loué sur un quai de Bordeaux une petite chambre. Dans cette chambre il y avait un second lit tout prêt pour l'arrivée des deux orphelins.
Quoique Frantz eût été gravement malade, il reprenait ses forces assez vite. C'était un robuste Lorrain, de grande taille et de constitution vigoureuse.—Dans huit jours, dit-il aux enfants, je serai de force à travailler.
—Attendez-en quinze, mon oncle, dit André; cela vaudra mieux.