—C'était ce qu'on appelle la mer phosphorescente.

—C'est donc bien beau, cela, père Guillaume?

—Je crois bien! Ce n'est plus comme ce soir un point de l'Océan qui s'allume; c'est l'Océan tout entier qui ruisselle de feu et brille la nuit comme une étoffe d'argent. Quand avec cela le vent souffle, les lames qui s'élèvent ressemblent à des torrents de lumière.

Un des animalcules de la mer qui produisent la phosphorescence des eaux. Cet animal est invisible à l'œil nu; il est représenté ici tel qu'il apparaît à travers le microscope.

—Est-ce que nous allons peut-être voir cela?

—Non, mon enfant, c'est très rare dans nos pays. C'est entre les deux tropiques que cela se voit pendant les nuits.

—Qu'est-ce qui fait cela? savez-vous, père Guillaume?

—Les savants ont bien cherché, va, Julien. Enfin, il paraît que ce sont des myriades de petits animaux qui sont eux-mêmes lumineux, comme l'est dans nos pays le ver luisant. Les flots en contiennent en certains temps une si grande quantité que la mer en paraît comme embrasée.

—Oh! bien, je comprends, père Guillaume: s'il y avait assez de vers luisants sur un arbre pour le couvrir, il paraîtrait le soir comme un grand lustre allumé; je pense que c'est comme cela pour la mer. Mais, tout de même, faut-il qu'il y ait de ces petits animaux dans la mer pour qu'elle paraisse tout en feu, elle qui est si grande!