L'Autruche est un oiseau de l'ordre des échassiers, dont la taille, gigantesque pour un oiseau, dépasse deux mètres. Ses ailes sont impropres au vol, mais elle les étend comme des bras quand elle court. Elle vit en Afrique et en Asie. Elle est si vorace qu'elle avale sans danger tout ce qui se présente, bois, pierres, aiguilles, clous. Ses œufs pèsent plus d'un kilogramme. Pour les faire éclore, elle les cache dans le sable que le soleil d'Afrique chauffe toute la journée. On se sert dans certaines contrées de l'autruche comme monture; elle court plus vite que les meilleurs chevaux.
—C'est un bien intelligent animal, dit l'oncle Frantz; il est, dit-on, plus intelligent encore que le cheval, dont il tient lieu dans les pays chauds.
Le Vautour est un grand oiseau de proie, caractérisé par une petite tête, un bec long et recourbé, un cou dénudé. Il a un vol lourd, mais soutenu, et atteint de prodigieuses hauteurs. Il répand une odeur infecte, car il se nourrit habituellement de charognes et d'immondices. Les vautours suivent en grand nombre les armées, les caravanes et les troupeaux, pour dévorer ceux qui tombent.
A côté de l'éléphant il y avait l'énorme hippopotame, qui vit dans les rivières de l'Afrique, le rhinocéros avec sa corne plantée au bout du museau et sa peau épaisse comme une cuirasse, sur laquelle les balles glissent sans pouvoir l'entamer. Nos trois visiteurs virent encore la girafe aux longues jambes, si longues qu'elle est forcée de s'agenouiller pour boire, moment dont le lion profite souvent pour bondir sur elle et la déchirer. Ils virent l'autruche, cet énorme oiseau qui galope plus vite qu'un cheval et franchit de grandes distances dans le désert: en certains pays les hommes l'ont apprivoisée et montent sur son dos comme sur celui d'un cheval. Ils virent encore bien d'autres animaux, une vaste volière contenant des oiseaux de toute sorte dont le charmant plumage miroitait au soleil, et ailleurs, dans des cages spéciales, des vautours, des aigles; puis, par tout le jardin, dans de petites cabanes, c'étaient des moutons de toute sorte, des chèvres, des espèces étrangères de biches et de bœufs, des loups, des renards, des animaux sauvages.
Arbres de serre.—Les principaux sont les palmiers, qui ne peuvent guère croître en France à l'air libre que dans le comté de Nice et à Toulon, les bambous, sorte de grands roseaux dont on trouve des plantations aux environs de Nîmes, les bananiers, les aloès, les cactus aux feuilles piquantes.
Ils passèrent enfin devant les vastes serres qui étaient à demi entr'ouvertes, car le temps était beau et le soleil donnait en plein. Là s'étalaient les plantes des pays chauds avec leurs feuilles et leurs fleurs étranges.
—Mon oncle, dit Julien, savez-vous à quoi servent toutes ces serres pleines de plantes et tous ces arbres étrangers.
—Mais, Julien, elles servent d'abord à nous faire connaître et étudier la végétation des autres pays; il y a toute une grande science qui s'appelle l'histoire naturelle et qui étudie les plantes et les animaux de la nature; eh bien, c'est ici, dans ce vaste jardin, que cette science trouve à sa portée les principaux êtres qu'elle étudie. On fait au Jardin des Plantes des cours sur la taille des arbres, sur les semis, sur les plantations. Tiens, Julien, ajouta l'oncle, vois-tu là-bas ce grand arbre dont les branches s'étendent en parasol? C'est le cèdre que Jussieu a rapporté et planté pour la première fois en France.