—C'est le petit-lait. On le donnera aux porcs délayé avec de la farine pour les engraisser. Au besoin, j'en fais aussi de la soupe quand nous n'avons pas grand'chose à manger.

—Il faut donc bien du lait pour faire le beurre? demanda Julien tout surpris.

—Eh oui, cher enfant. Quinze litres de lait de Bretonne ne font qu'un kilogramme de beurre, et pourtant Bretonne, comme les vaches de sa race, est une merveille. Il y a d'autres vaches dont il faut jusqu'à vingt-cinq litres pour faire un kilogramme de beurre. Mais, Julien, vous allez devenir savant dans les choses de la ferme comme si vous vouliez être un jour fermier, vous aussi.

L'enfant rougit de plaisir.—Vrai, dit-il, c'est un métier que j'aimerais mieux que tous les autres. Mais, dites-moi encore, je vous prie, combien Bretonne vous donne-t-elle de lait par jour?

—Sept litres au plus, l'un dans l'autre.

—Alors il faut donc plus de deux jours à Bretonne pour vous donner un kilogramme de beurre?

—Précisément. Mais comme vous comptez bien, mon enfant! Il y a plaisir à causer avec vous.

Un instant après, la fermière sortit de la laiterie avec le jeune garçon, et tous deux portaient à la main de belles boules de beurre, enveloppées dans des feuilles de vigne que Julien était allé cueillir.

XVI.—Les conseils de la fermière avant le départ.—Les rivières de la Lorraine.—Le souvenir de la terre natale.

Que le souvenir de notre pays natal, uni à celui de nos parents, soit toujours vivant en nos cœurs.