—Oh! j'aimerais bien voir cela, moi aussi, dit Julien.
—On m'a dit, reprit André, que tout le long de la France nous rencontrerions bien d'autres machines aussi belles et aussi commodes, qui font toutes seules la besogne des ouvriers et travaillent à leur place, et je m'en suis revenu émerveillé de l'industrie des hommes.
XXIII.—Les moyens que l'homme emploie pour mettre en mouvement ses machines.—Un ouvrier inventeur.
La prétendue baguette des fées était moins puissante que ne l'est aujourd'hui la science des hommes.
Julien avait écouté de toutes ses oreilles le récit d'André.
—Mais pourtant, dit-il, ces machines ne peuvent pas aller toutes seules. Bien sûr, il y avait quelque part des ouvriers que tu n'as pas vus, et qui les mettaient en mouvement, comme le rémouleur quand il fait tourner sa roue de toutes ses forces.
—Je t'assure, Julien, qu'il n'y avait pas d'ouvriers à remuer les machines, et cependant elles ne s'arrêtaient pas une minute.
—Alors, dit la mère Gertrude gaîment, cela ressemblait à un conte de fées.
—Justement, dit André; en voyant cela je songeais à un conte où l'on parlait d'un vieux château habité par les fées: dans ce château, les portes s'ouvraient et se fermaient toutes seules; à l'intérieur, on entendait de la musique et il n'y avait point de musiciens: les archets des violons couraient sur les cordes et les faisaient chanter sans qu'on pût voir la main qui les poussait.