—Oui, répondit André, si ces nuages se maintiennent aussi hauts qu'ils le sont à présent.
Les deux enfants espéraient coucher à moitié chemin et arriver à Besançon le lendemain soir. Malheureusement, après quelques kilomètres de marche, ils virent le ciel se couvrir de nuages, André s'arrêta un instant pour observer l'horizon.
Les nuages avaient grossi et s'étaient arrondis comme des balles de coton; quelques-uns étaient bas et noirâtres.
—Hâtons le pas, Julien, dit André, car les nuages semblent annoncer la pluie.
Bientôt, en effet, les deux enfants sentirent de grosses gouttes. Apercevant un hangar abandonné qui se trouvait au bord de la route, ils s'y abritèrent et attendirent patiemment que la pluie cessât. Plusieurs heures se passèrent; mais la pluie tombait toujours avec violence.
—Quel malheur! pensait André, voilà un jour de retard. Il nous faudra aller coucher au petit village que j'aperçois d'ici. Et s'il pleut encore demain!...
A ce moment, Julien vit passer sur la route une carriole qui s'en allait dans la direction de Besançon. C'était un boisselier de Besançon qui revenait d'une foire où il était allé vendre des boisseaux, des litres en bois de chêne, des seaux, soufflets et tamis. Il avait aussi dans sa voiture des objets de vannerie, paniers et corbeilles de toute sorte. Il allait vite, car sa marchandise n'était pas lourde.
Formes des nuages annonçant le beau temps ou la pluie.—Ces petits nuages déliés et transparents qui se trouvent à gauche tout en haut de la gravure annoncent presque toujours le beau temps. Il n'en est pas ainsi de ceux qui sont placés au-dessous et qui ressemblent à des balles de coton; lorsqu'ils se maintiennent après le coucher du soleil et deviennent plus nombreux, on doit s'attendre à la pluie ou à l'orage. Déjà, à droite, dans les gros nuages noirs, la pluie a commencé.
—Mon Dieu! André, s'écria Julien, si nous demandions à ce voiturier de nous prendre avec lui en payant quelque chose: cela ne vaudrait-il pas mieux?—Essayons, dit André.