—Voyons, Julien, n'as-tu jamais entendu parler du conseil municipal?
—Mais si, monsieur Gertal; seulement je ne sais pas du tout ce que c'est.
Le tonnelier.—Pour rendre plus flexibles les douves qu'il veut recourber et assembler, le tonnelier allume dessous un feu de copeaux. Ensuite il les entoure de cercles en bois ou en fer.
—Eh bien, écoute, je vais te le dire. Dans chaque ville ou village, tous les habitants choisissent entre eux les hommes les plus capables de s'occuper des intérêts de leur commune, et ils les chargent de faire les affaires de la ville à leur place pendant cinq ans. Ce sont ces hommes, appelés conseillers municipaux, qui décident des embellissements utiles à faire dans les villes: par exemple les fontaines, les lavoirs, le gaz. Ils surveillent toutes les dépenses et toutes les recettes de la ville, et ainsi il ne peut y avoir d'argent employé autrement que par leurs avis. M'as-tu écouté, Julien, et te rappelleras-tu ce que je t'ai dit?
—Oh! oui, monsieur Gertal, et même je suis tout à fait content d'avoir appris cela; maintenant je ne regrette plus l'argent que nous avons donné à l'octroi. Je vois qu'il sera employé pour l'avantage de tout le monde, et il faut bien payer sa petite part des avantages dont on profite.
Tout en parlant ainsi, on était entré dans la ville commerçante de Mâcon, chef-lieu du département de Saône-et-Loire. La Saône passe le long de la ville, et cette belle rivière était sillonnée de nombreux bateaux qui apportent à Mâcon les denrées et produits des départements voisins. Mâcon fait un grand commerce de vins; aussi, en maint endroit dans les rues on entendait le maillet sonore des tonneliers frappant sur les barriques.
XLV.—André et Julien sur le marché de Mâcon.—Les profits de la vente. L'honnêteté dans le commerce.
Le meilleur moyen de réussir dans le commerce, c'est d'être consciencieux.
Le lendemain M. Gertal, en parcourant le marché de Mâcon, vit qu'il y avait peu de volaille sur la place.