III

Le Circuit de France bouclé, pour la gloire de la maison Patain, Kerjean fit seul un voyage dont Phyllis ignora la raison précise. Elle resta dix jours sans recevoir le moindre message.

Enfin, un mot arriva. Guillaume était de retour depuis plusieurs jours déjà; il travaillait comme un forcené. Il renonçait pour l'instant à venir voir Phyllis rue de Lisbonne et la priait instamment de ne point se montrer rue Boursault. La manière d'agir de ces jeunes gens qui, tous les deux à Paris, continuaient de vivre séparés, paraîtrait étrange.

Il ajoutait: "Je serais heureux d'avoir de vos nouvelles, petite Phyl, j'ai besoin d'entendre parler de vous. Jacqueline…".

Phyllis s'écria:

— Votre visite à Guillaume me fera plaisir. Je serai un peu mieux renseignée. Il me tient à l'écart de sa vie…

…Anaïk avait fait entrer Mlle Albin dans le salon. Guillaume vint presque aussitôt, avec une sorte de hâte. Un léger pansement barrait le front. Il prévint la question:

— Oh! rien du tout… J'ai cassé du bois… pour la première fois de ma vie… L'accident est tout à fait étranger à mon nouvel engin, heureusement!… Dites-moi vite… Phyllis?

Jacqueline parla de Phyllis. Phyllis était bien portante, et, comme de coutume, affectueuse, gentille… Elle s'était beaucoup intéressée au circuit… Elle s'était un peu fâchée en apprenant qu'il ne viendrait pas la voir…

Guillaume paraissait déçu. Il se tut un moment. Puis il s'anima: