—Je veux bien que le vieux Nick me croque, dit le maître, si je sais ce que mon capitaine veut faire de ce trou-là.

—Il veut y cacher sa frégate, dit Parawâ d'un ton confidentiel.

—Mais il n'y a pas d'eau, pas de chenal, pas de porte.

—Le Lion de la mer est un atoua. Comme la terre s'est ouverte, les rochers s'ouvriront et la mer remplira le bassin...

—A savoir! murmura le maître.

Tandis que l'incrédule Taillevent émettait des doutes incapables d'ébranler la foi robuste de Baleine-aux-yeux-terribles, Léon, de retour au château avec Isabelle et Andrès, rompit le silence en s'écriant:

—J'ai trouvé!... oui, j'ai trouvé!...

Le cacique et la jeune femme écoutaient attentifs.

—Je suis à trois mille lieues de la France, dont les Anglais bloquent les côtes. Je ne puis guère compter sur les envois de mon armateur; il faut donc que je me crée toutes mes ressources par moi-même. Les deux tiers de mes gens n'ont d'autre mobile que l'appât du gain; je leur ai promis d'immenses richesses pour les décider à me suivre dans ces mers, où nous ne ferons pourtant que d'assez tristes captures. Déjà mes hommes ont droit à leurs parts de prise sur les deux frégates; en outre, il faut les solder. Eh bien, pas de déportation! je traiterai mes prisonniers comme nous aurions été traités nous-mêmes, si nous avions eu le dessous.—La loi du talion est la loi de la guerre!... Je les condamne aux mines!...

—Aux mines? répéta Isabelle étonnée.