—Eh bien! ça aurait chauffé dur!
—On le sait... mais on sait aussi que, par la brise qui souffle de Paris, tout votre attirail de prince, de grand chef, de roi et de comte, n'est pas sain à Bayonne en Bayonnais.
—Je veux faire enregistrer mon mariage en France; je veux revoir mes braves camarades, les corsaires de Bayonne; je veux me débarrasser de mes prisonniers.
—Ce que vous voulez, capitaine, je le veux toujours; c'est connu. Ce que vous aimez, je l'aime. Ce que vous haïssez, je le hais. Votre vie, c'est ma vie...
—Brave Taillevent! dit le corsaire en lui tendant la main que le maître serra dans les siennes avec une émotion reconnaissante.
—Mais...
—Voyons ton mais, dit Léon en souriant.
—Mais, dame! ça s'entend; si votre vie est ma vie, j'ai, fichtre, bien le droit d'y veiller, et j'y veille. Vos Anglais d'en bas, je les voudrais au fin fond de l'eau; vos camarades de Bayonne au tonnerre à la voile, et les ports de notre république à deux bonnes mille lieues à l'arrière de ce navire. Voilà!...
—C'est bien!
Taillevent salua et alla reprendre son poste au pied du grand mât, non sans mâcher avec humeur son sifflet de manœuvre.