Quel écho mystérieux lui répondit? Fût-ce les esprits familiers du sombre castel? Fût-ce la voix de sa conscience? On ne sait.
Mais des paroles bénies le ravirent comme en extase, et la nuit entière s'écoula pour lui dans la joie suprême d'un grand devoir accompli.
VIII
LA CHAMBRE NUPTIALE.
Le brig corsaire le Lion, construit et approvisionné au Havre, par les soins du citoyen Plantier, armateur et correspondant de Léon de Roqueforte, avait été emménagé avec une sollicitude toute spéciale par son valeureux capitaine.
Ses officiers et matelots remarquérent, dès leur embarquement, que la dunette, plus haute qu'aucune autre, occupait près du double de l'emplacement réservé d'ordinaire à cette élévation,—qu'on supprime parfois, et qui le plus souvent ne couvre que quelques pieds du pont en arrière de la roue du gouvernail.
—Paraît que notre capitaine tient à être bien logé! dirent les corsaires.
Mais le capitaine ne se logea point dans la dunette, ce qui donna lieu aux plus étranges suppositions. Il s'était réservé, à l'extrême arrière de l'entrepont, une très petite cellule communiquant, il est vrai, par un panneau avec la chambre mystérieuse, où personne, si ce n'est Taillevent, n'avait encore pénétré.
L'indiscret Camuset, s'étant avisé de demander ce qu'il y avait dans la dunette, reçut, pour toute réponse, une taloche tellement magistrale, que les anciens eux-mêmes se gardèrent de questionner le maître d'équipage.