doré, à poignée en ébène, garnie d'un lotus d'or ciselé (Fig.288). Les bracelets appartiennent à plusieurs types divers. Les uns étaient destinés à garnir la cheville et le haut du bras, et sont de simples anneaux en or, massifs ou creux, ourlés de chaînettes en fils d'or tressés, imitant le filigrane. Les autres se portent au poignet, comme les bracelets de nos femmes, et sont formés de perles en or, en lapis-lazuli, en cornaline, en feldspath vert, montées sur des fils d'or et disposées en carré, dont chaque moitié est d'une couleur différente. La fermeture consiste en deux lames d'or, réunies par une aiguillette également en or: les cartouches d'Ahmos Ier y sont gravés légèrement à la pointe. C'est également au Pharaon Ahmos Ier qu'appartenait un beau bracelet d'arc (fig.289), dont la facture rappelle un peu les procédés usités dans la fabrication des émaux cloisonnés. Ahmos est agenouillé devant
le dieu Sibou et ses acolytes, les génies de Sop et de Khonou. Les figures et les hiéroglyphes sont levés en plein sur une plaque d'or; et ciselés délicatement au burin. Le champ est rempli de pièces de pâte bleue et de lapis-lazuli taillées artistement. Un bracelet de travail plus compliqué, mais moins fin, était passé au poignet de la reine (Fig.290). Il est en or massif et formé de trois bandes parallèles, garnies de turquoises. Sur le devant, un vautour déploie ses ailes, dont les plumes sont composées d'émaux verts, de lapis-lazuli et de cornaline, enchâssés dans des cloisons d'or. Les cheveux étaient engagés dans un diadème d'or massif, à peine aussi large qu'un bracelet. Le nom d'Ahmos

est incrusté en pâte bleue sur une plaque oblongue, adhérente au cercle: deux petits sphinx en relief, posés de chaque côté, ont l'air de veiller sur lui (fig.291). Une grosse chaîne d'or flexible était
enroulée autour du cou: elle est terminée par deux têtes d'oie recourbées, qu'on liait au moyen d'une ficelle, quand on voulait fermer le collier. Le scarabée qui lui sert de pendeloque a le corselet et les élytres en pâte de verre bleue, rayée d'or, les pâtes et le corps en or massif. La parure de la poitrine était complétée par un large collier du genre de ceux qu'on appelait Ouoskh (fig.292). Il a pour agrafes-deux têtes
d'épervier en or, dont les détails étaient relevés d'émail bleu. Les rangs sont composés de cordes, enroulées, de fleurs à quatre pétales en croix, d'antilopes poursuivies par des tigres, de chacals accroupis, d'éperviers, de vautours et d'uraeus ailées, le tout en or repoussé, et cousu sur le linceul au moyen d'un petit anneau soudé derrière chaque figure. Au-dessous, pendait sur la poitrine une de ces pièces carrées qu'on appelle un pectoral (Fig.293). La forme générale est d'un naos. Ahmos, debout dans une barque entre Ammon et Râ, reçoit, sur la tête et sur le corps, l'eau qui doit le purifier. Deux éperviers planent, à droite et à gauche du roi, au-dessus des dieux. La silhouette des figures est dessinée par des cloisons d'or; le corps était rendu par des plaquettes de pierre et d'émail, dont beaucoup sont tombées. Le morceau est un peu lourd, et l'usage ne s'en comprend guère si on l'isole du reste de la parure. Pour juger sainement l'effet qu'il produisait, on doit se rappeler ce qu'était le vêtement des femmes égyptiennes: une sorte de fourreau d'étoffe semi-transparente, qui s'arrêtait au-dessous des seins et les laissait saillir librement. Le haut de la poitrine et du dos, les épaules, le cou étaient à découvert, sauf une paire de bretelles étroites qui maintenaient le fourreau et l'empêchaient de glisser. Les femmes riches habillaient cette nudité de bijoux. Le collier voilait à moitié les épaules et le haut de la poitrine. Le pectoral masquait le sillon qui se creuse entre les seins. Les seins eux-mêmes étaient parfois emboîtés chacun dans une sorte de coupe d'or émaillé ou peint, qui en épousait exactement les contours. A côté de ces bijoux, des armes et des amulettes étaient entassés pêle-mêle: trois grosses
enroulée autour du cou: elle est terminée par deux têtes d'oie recourbées, qu'on liait au moyen d'une ficelle, quand on voulait fermer le collier. Le scarabée qui lui sert de pendeloque a le corselet et les élytres en pâte de verre bleue, rayée d'or, les pâtes et le corps en or massif. La parure de la poitrine était complétée par un large collier du genre de ceux qu'on appelait Ouoskh (fig.292). Il a pour agrafes-deux têtes
d'épervier en or, dont les détails étaient relevés d'émail bleu. Les rangs sont composés de cordes, enroulées, de fleurs à quatre pétales en croix, d'antilopes poursuivies par des tigres, de chacals accroupis, d'éperviers, de vautours et d'uraeus ailées, le tout en or repoussé, et cousu sur le linceul au moyen d'un petit anneau soudé derrière chaque figure. Au-dessous, pendait sur la poitrine une de ces pièces carrées qu'on appelle un pectoral (Fig.293). La forme générale est d'un naos. Ahmos, debout dans une barque entre Ammon et Râ, reçoit, sur la tête et sur le corps, l'eau qui doit le purifier. Deux éperviers planent, à droite et à gauche du roi, au-dessus des dieux. La silhouette des figures est dessinée par des cloisons d'or; le corps était rendu par des plaquettes de pierre et d'émail, dont beaucoup sont tombées. Le morceau est un peu lourd, et l'usage ne s'en comprend guère si on l'isole du reste de la parure. Pour juger sainement l'effet qu'il produisait, on doit se rappeler ce qu'était le vêtement des femmes égyptiennes: une sorte de fourreau d'étoffe semi-transparente, qui s'arrêtait au-dessous des seins et les laissait saillir librement. Le haut de la poitrine et du dos, les épaules, le cou étaient à découvert, sauf une paire de bretelles étroites qui maintenaient le fourreau et l'empêchaient de glisser. Les femmes riches habillaient cette nudité de bijoux. Le collier voilait à moitié les épaules et le haut de la poitrine. Le pectoral masquait le sillon qui se creuse entre les seins. Les seins eux-mêmes étaient parfois emboîtés chacun dans une sorte de coupe d'or émaillé ou peint, qui en épousait exactement les contours. A côté de ces bijoux, des armes et des amulettes étaient entassés pêle-mêle: trois grosses
mouches d'or massif suspendues à une chaînette mince, neuf petites haches, trois en or, six en argent, une tête de lion en or d'un travail minutieux, un sceptre en bois noir enroulé d'or, des anneaux de jambes, des poignards. L'un d'eux (Fig.294), enfermé dans une gaine d'or, avait un manche en bois, décoré de triangles en cornaline, en lapis-lazuli, en feldspath et en or. Pour pommeau, quatre têtes de femme en or repoussé; une tête de taureau renversée, en or, dissimule la soudure de la lame au manche. Le pourtour de la lame est en or massif, le corps en bronze noir, damasquiné. Sur la face supérieure, au-dessous du prénom d'Ahmos, un lion poursuit un taureau, en présence de quatre grosses sauterelles alignées; sur la face inférieure, le nom d'Ahmos et quinze fleurs épanouies, qui sortent l'une de l'autre et vont se perdant vers la pointe. Un poignard, découvert à Mycènes par M. Schliemann, présente un système de décoration analogue; les Phéniciens, qui copiaient assidûment les modèles égyptiens, ont probablement transporté celui-là en Grèce. Le second poignard de la reine (Fig.295) a une forme qu'il n'est pas rare de rencontrer aujourd'hui encore dans la Perse et dans l'Inde. C'est une lame en bronze jaunâtre très lourd, emmanchée d'un disque en argent. Pour s'en servir, on appuyait le pommeau lenticulaire dans le creux de la main, et l'on passait la lame entre l'index et le médius. On se demandera quel besoin une femme, et une femme morte, avait de tant d'armes. L'autre monde était peuplé d'ennemis contre lesquels on devait lutter sans relâche, génies typhoniens, serpents, scorpions gigantesques, tortues, monstres de toute sorte. Les poignards qu'on enfermait au cercueil avec la momie aidaient l'âme à se protéger, et comme ils n'étaient
utiles que pour la lutte corps à corps, on avait ajouté quelques armes de jet, des arcs, des boumerangs en bois dur et une hache de guerre. Le manche est en bois de cèdre revêtu d'une feuille d'or (fig.296). La légende d'Ahmos y est écrite en caractères de lapis-lazuli, de cornaline, de turquoise et de feldspath vert. Le tranchant est saisi dans une entaille du bois et maintenu en place par un treillis de fils d'or. Il est en bronze noir et a été doré. L'une des deux faces montre des lotus sur fond d'or, l'autre Ahmos frappant un barbare à moitié renversé, qu'il tient aux cheveux. Au-dessous, le dieu de la guerre, Montou Thébain, est représenté par un griffon à tête d'aigle. Deux barques en argent et en or simulaient la barque sur laquelle la momie traversait le fleuve, pour se rendre à sa dernière demeure et naviguer à la suite des dieux sur la mer d'Occident. La barque en argent était posée sur un chariot de bois à quatre roues en bronze; comme elle était en assez mauvais état, on l'a démontée et remplacée par la barque en or (fig.297). La coque est légère et allongée: les façons de l'avant et de l'arrière sont relevées et se terminent par des bouquets de
papyrus gracieusement recourbés. Deux estrades, entourées de balustrades à panneaux pleins, se dressent à la proue et à la poupe, en guise de châteaux gaillards. Le pilote d'avant est debout dans la première, le timonier se tient devant la seconde et manie la rame à large palette qui remplissait l'office de notre gouvernail. Douze rameurs d'argent massif voguent sous les ordres de ces deux officiers. Au centre, Kamos est assis, la hache et le sceptre à la main. Voilà ce qu'il y avait sur une seule momie; encore n'ai-je énuméré que les objets les plus remarquables. La technique en est irréprochable, et la sûreté du goût n'est pas moindre chez l'ouvrier que la dextérité de la main. L'art de l'orfèvre, parvenu au degré de perfection dont témoigne l'écrin d'Ahhotpou, ne s'y maintint pas longtemps. Les modes changèrent, la forme des bijoux s'alourdit. La bague de Ramsès II au Louvre, avec ses chevaux posés debout sur le chaton (Fig.298), le bracelet du prince
Psar (fig.299), avec ses griffons et ses lotus en émail cloisonné, sont d'un dessin moins heureux que les bracelets d'Ahmos. Celui qui les a exécutés était, sans contredit, aussi habile que les orfèvres de la reine Ahhotpou; mais il avait le goût moins fin et l'esprit moins inventif. Ramsès II était condamné, ou bien à ne jamais porter sa bague, ou bien à voir les petits chevaux qui l'ornaient, s'écraser et tomber au moindre choc. La décadence, déjà sensible sous la XIXe dynastie, s'accentue à mesure que nous nous rapprochons de l'ère chrétienne. Les boucles d'oreilles de Ramsès IX, au musée de Boulaq, sont un composé disgracieux de disques chargés de filigrane, de chaînettes, d'uraeus pendants; comme aucune oreille humaine n'aurait pu en porter le poids sans s'allonger outre mesure ou sans se déchirer, on les accrochait à la perruque de chaque côté de la tête. Les bracelets du grand-prêtre Pinotmou III, recueillis sur sa momie, sont de simples anneaux en or, ronds, incrustés de verre coloré et de cornaline, semblables à ceux qu'on fabrique encore aujourd'hui chez les noirs du Soudan. L'invasion des Grecs modifia d'abord les procédés de l'orfèvrerie égyptienne, puis substitua peu à peu ses types aux types indigènes. L'écrin de la reine éthiopienne que Ferlini vendit au musée de Berlin contenait, à côté de bijoux qu'on aurait pu attribuer sans peine à l'époque pharaonique, des bijoux de style mixte où l'influence hellénique est nettement reconnaissable. Les trésors découverts, en 1878, à Zagazig, en 1881, à Qénèh, en 1882, à Damanhour, étaient composés entièrement d'objets dont la facture n'a plus rien d'égyptien, épingles à cheveux surmontées d'une statuette de Vénus, boucles de ceinture, agrafes pour péplum, bagues et bracelets ornés de camées, coffrets flanqués aux quatre coins de colonnettes ioniques. Les vieux modèles étaient encore recherchés dans les campagnes, et les orfèvres de village conservaient tant bien que mal la tradition antique: les orfèvres de ville ne savaient plus que copier lourdement les modèles grecs et romains.
Cette revue rapide de ce qu'ont produit les arts industriels présente bien des lacunes. J'ai dû me borner à citer ce que renferment les collections les plus connues; que ne trouverait-on pas si l'on pouvait visiter à loisir nos musées de province et recueillir ce que le hasard des ventes a dispersé dans les collections particulières! La diversité des petits monuments de l'industrie égyptienne est infinie et l'étude méthodique en reste encore à faire: elle promet plus d'une surprise à qui voudra la tenter.
FIN
TABLE
CHAPITRE I.
L'ARCHITECTURE CIVILE ET MILITAIRE
1. Les maisons
2. Les forteresses
3. Les travaux d'utilité publique
CHAPITRE II.
L'ARCHITECTURE RELIGIEUSE
1. Matériaux et éléments de la construction
2. Le temple
3. La décoration
CHAPITRE III.
LES TOMBEAUX
1. Les mastabas
2. Les pyramides
3. Les tombes de l'Empire thébain; les hypogées
CHAPITRE IV
LA PEINTURE ET LA SCULPTURE
1. Le dessin et la composition
2. Les procédés techniques
3. Les oeuvres
CHAPITRE V.
LES ARTS INDUSTRIELS
1. La pierre, la terre et le verre
2. Le bois, l'ivoire, le cuir et les matières textiles
3. Les métaux