—Voilà, dit-elle, le symbole de l'amour divin... Lui, au moins, ne trompe jamais et ne fait point souffrir.

Et elle lui raconta le projet qu'elle avait eu d'entrer au couvent.

—Vous, au couvent!

—Pourquoi pas? J'ai l'âme très religieuse, mais je ne me suis pas encore sentie en état de grâce... Et pourtant, quelle douceur ce doit être de passer ses jours dans un cloître, loin du monde... C'est là qu'est le vrai bonheur.

—Allons donc! Le bonheur n'est qu'en vous seule. Vous êtes faite pour vivre et pour aimer... Ne sentez-vous pas ici comme une atmosphère de mort? Marchons vers la lumière...

Comme ils sortaient de l'église, une vendeuse de fleurs s'approcha d'eux.

—À mon tour, dit-il, de vous offrir des fleurs. Toujours celles-ci servirent aux déclarations. Elles traduisent le désir et l'ennoblissent. Je me rappelle avoir vu, à la Maison Carrée de Nîmes, un bas-relief qui devait servir d'enseigne à une boutique de fleuriste et portait cette délicieuse inscription: Non vendo nisi amantibus coronas, je ne vends mes bouquets qu'aux amoureux...

Il choisit les roses les plus rouges, des roses pourpres, couleur de sang, et les lui tendit.

—Que ces fleurs vous disent la violence de mes sentiments!

Elle respira les roses.