[41: Une troisième édition, plus profondément retouchée, parut en 1868, sous le titre: les Philosophes classiques du XIXe siècle en France.]

[42: Le rapport de M. Villemain est curieux à relire. Il porte la trace de l'amusant embarras où se trouvait cet homme d'esprit. Tout en rendant hommage «à cet important travail d'érudition et d'esprit, œuvre inégale et forte d'un savant et d'un écrivain», M. Villemain déclarait qu'à cette œuvre «était attachée une erreur que le talent ne pouvait corriger et dont parfois il aggravait la portée. C'est la doctrine qui n'explique le monde, la pensée, le génie que par les forces vives de la nature… Toute opinion n'a pas le droit de se faire indifféremment accepter pour un honneur public. La liberté qu'on se donne… doit prévoir et tolérer la libre contradiction, et la libre contradiction peut refuser son suffrage à l'œuvre habile et brillante dont elle juge le principe erroné… Cette erreur, sans cesse et à tout propos reproduite, était trop inséparable du livre. Une redite aussi fréquente n'a pas semblé seulement un défaut de composition, et l'Académie, dans la négation de vérités nécessaires, a vu pour elle l'impossibilité de couronner le talent qui les méconnaît. Elle a décidé qu'on ne donnerait pas le prix cette année.»]

[43: Il fit quelques leçons en 1871, avant et après la Commune. En 1877, il fut remplacé par M. G. Berger, qui fit un cours sur l'art français.]

[44: Ils furent réunis en deux volumes in-8, cette même année 1866.]

[45: Nous en avons la preuve dans une lettre à E. Havet, du 29 avril 1864.

«Tout bourgeois, commerçant, rentier, tout homme qui est capable de lire un journal est pour l'unité de l'Italie et pour la monarchie constitutionnelle unitaire. Les Italiens ont un grand sens politique et il n'y a peut-être pas sur quinze un républicain. Aucune racine pour le socialisme et pour les idées niveleuses dans ce pays. Cela n'est pas dans le tempérament de la nation, et il y a une sorte de bonhomie générale, de familiarité ancienne entre les riches et les pauvres, entre les nobles et les roturiers, qui ne laisse aucun avenir à Mazzini et aux idées de 93. Je ne crois pas non plus au provincialisme. Ils sentent tous que, tant qu'ils ne seront pas une grande nation armée, ils seront, comme autrefois, à la merci de tout envahisseur. Une partie considérable de la noblesse, même dans les anciennes provinces papales, est constitutionnelle et libérale. Ce sont seulement quelques grands seigneurs arriérés, parents de tel ou tel cardinal, qui sont pour le pape. À Spolète, par exemple, on en compte deux. Seule, la grande noblesse de Rome, à l'exception de quatre familles, est papaline. Joignez à cela la majorité du clergé, la foule des protégés qui vivent par ces grandes familles, et dans les provinces, la majorité des paysans, sortes de sauvages énergiques, bien plus incultes que les nôtres. C'est de ce côté que se tournent tous les efforts de la bourgeoisie gouvernante. Ils comptent pour une recrue tout homme qui apprend à lire. C'est pourquoi ils établissent partout des écoles communales. Les Italiens s'instruisent très vite. On a établi par expérience qu'un Napolitain peut apprendre à lire et à écrire en trois mois, même lorsqu'il est adulte. Deux autres institutions fort puissantes agissent dans le même sens, la garde nationale et l'armée. L'homme du peuple y prend des idées d'honneur, des habitudes de propreté, une sorte d'éducation. J'oubliais de dire qu'ils comptent beaucoup, surtout à Naples, sur l'augmentation de la richesse publique. Dès que le paysan a quelque argent ou un peu de terre, il prend les idées d'un bourgeois. La plantation du coton, les grands travaux qui se font de toutes parts, l'élan nouveau de l'activité privée et publique, la vente des biens ecclésiastiques contribuent à ce grand changement. Si pendant dix ans encore la France empêche l'Autriche d'envahir l'Italie, ils comptent que le nombre des libéraux sera doublé et que la nation sera faite. Voilà ce que je crois avoir démêlé… en causant avec des gens de toute classe.»]

[46: Il avait pourtant défini l'histoire «une géométrie vivante».]

[47: Graindorge fut publié en volume en 1868.]

[48: Il écrivait à Havet, le 18 novembre 1885: «Je n'ai pas d'opinions arrêtées sur le présent; je cherche à m'en faire une; mais probablement je n'en aurai jamais, parce que les documents, l'éducation, la préparation me manquent. J'entends une opinion scientifique; pour ce qui est de mes impressions, j'en fais bon marché; elles sont sans valeur, comme celles de tout particulier et de tout public. Mon but est d'être collaborateur dans un système de recherches qui, dans un demi-siècle, permettra aux hommes de bonne volonté autre chose que des impressions sentimentales ou égoïstes sur les affaires publiques de leur temps. C'est dans ce but que nous avons fondé l'École des sciences politiques. Visiblement une pareille méthode, qui est une sorte d'anatomie sociale, choquera, dans ses premières comme dans ses dernières conclusions, beaucoup de sentiments généreux et respectables. Mais les partisans de l'expérience sont trop libres d'esprit pour ne pas accordera l'outil précieux dont ils connaissent les services, la permission de travailler partout, même au vif de leurs plus chères convictions.»]

[49: Un travail préparatoire, la traduction des lettres d'une Anglaise, témoin de la Révolution de 1792 à 1795, parut en 1872. (Un séjour en France de 1792 à 1795). Le volume de l'Ancien régime est de 1875, les trois volumes sur la Révolution se succédèrent en 1878, 1881, 1884; le premier volume du Régime nouveau parut en 1891; le second, laissé inachevé, a paru en 1893.]