[234] Le crédit des acquisitions seules, en 1885, est de 181,200 francs ainsi répartis: Imprimés, 86,200 fr.; Manuscrits, 28,500; Médailles, 40,500; Estampes, 26,000; ces chiffres sont susceptibles de varier chaque année suivant les besoins des départements. «Dans les ventes publiques, écrivait le ministre en 1860 (Rapp. à l'Emper., du 31 mars 1860), la Bibliothèque ne peut soutenir le concours des enchères et se retire impuissante des luttes que sa pauvreté semble lui interdire désormais. Il lui faut renoncer à acquérir les plus indispensables compléments de ses collections. Lorsqu'elle a épuisé sa maigre allocation, elle a beau désirer ce qui lui manque en livres anciens, manuscrits précieux, médailles rares, ouvrages nouveaux publiés à l'étranger, l'opulence des particuliers ou la libéralité des autres gouvernements écrasent ses tentatives d'acquisition et elle laisse, avec un amer regret, échapper ce qui devrait appartenir à sa renommée et à sa supériorité.» Depuis, il est vrai, l'allocation a été doublée, mais le développement énorme de la production littéraire à l'étranger, l'élévation progressive des prix des publications nouvelles et de ceux atteints dans les ventes publiques ont empêché que l'amélioration apparente donnât des résultats sérieux. «Il est impossible avec le crédit actuel, écrivait le ministre en 1883, de placer dans notre grand établissement scientifique les livres rares indispensables à sa mission, tels que les séries d'incunables, de romans gothiques et d'éditions originales. Les fonds alloués sont absorbés très légitimement par les achats des publications nouvelles, etc.» La situation n'a donc pas changé. Alors que notre Bibliothèque nationale reçoit pour ses acquisitions et reliures une somme totale de 230,000 fr., le British Muséum, qu'il faut encore citer en exemple, toucha, pour ce double objet, un crédit de 655,000 fr., sans parler des subventions exceptionnelles qui lui sont assez fréquemment accordées (Proj. de budg. de 1883, p. 1604). Depuis lors, les crédits, loin d'être relevés, ont subi une légère réduction. — D'après les documents contenus dans le rapport de M. L. Delisle, du 3 juin 1885, le chiffre total des acquisitions, de 1847 à 1884, s'élève à 63,800 articles: soit, de 1847 à 1870, une moyenne de 1,215 par an; de 1876 à 1883, une moyenne de 3,630; et, en 1884, 5,609 (Bull. des bibl. et arch., 1885, p. 27). Ces accroissements portent à peu près uniquement sur des publications modernes.
[235] De 1810 à 1884, la Bibliothèque a reçu par la voie du dépôt légal 1,656,921 articles: de 1810 à 1829, 139,889, en moyenne 6,994 par an; de 1830 à 1847, 393,613, en moyenne 21,867; de 1848 à 1870, 654,971 (dont 294,234 provenant de Paris et 360,737 des départements), en moyenne 28,477; de 1871 à 1884, 468,448 (dont 138,645 provenant de Paris, 329,803 des départements), en moyenne 33,460; ce chiffre est considérablement dépassé depuis trois ans.
[236] D'après le rapport précité de M. Delisle, le total des dons reçus de 1847 à 1884 est de 38,513: soit, de 1847 à 1870, une moyenne annuelle de 449 articles; de 1876 à 1883, une moyenne de 2,474; en 1884, 4,049. Il s'agit ici d'ouvrages distincts et non des volumes. Dans les 3,031 articles donnés en 1883, figurait une collection de près de 2,000 ouvrages principalement consacrés à l'esclavage et offerts par M. Schœlcher (Ibid., 1884 et 1885, p. 23).
[237] Ord. des 3 décembre 1830, 30 août 1831, 26 février et 2 juillet 1838, 6 juillet 1846; Déc. des 16 août 1851, 30 novembre 1862, 6 décembre 1863, 20 août 1865, 30 octobre 1879, etc.
[238] Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, 1867-1879; 4 vol. in-4o dont un de pl.
[239] Les reliures se décomposent ainsi au budget des dépenses de 1885: pour les imprimés, y compris la section géographique, 31,300 fr.; pour les manuscrits, 12,000; pour les estampes, 5,500; total 48,800 fr. Il y faut joindre les frais de personnel et de matériel: pour l'atelier de reliure, 23,900 fr.; pour l'atelier de collage, 4,200 fr. — Les traitements du personnel des ateliers ont été fixés par le décret du 17 juin 1885: chef, 1,800 à 2,200 fr.; relieurs, 1,300 à 2,000; relieuses, 800 à 1,200; colleurs de l'atelier d'estampes, 1,100 à 1,600 fr.
[240] L. Delisle, Rapp. préc., p. 28.
[241] Voici ce cadre avec l'indication des ouvrages contenus dans chaque série et de la longueur de tablettes qu'ils occupent sur les rayons, soit du fonds ordinaire soit de la Réserve. Il est à noter que les chiffres des cotes n'ont pas tous la même signification. Tantôt, et c'est le cas des divisions récemment inventoriées, l'unité représente un volume ou une pièce susceptible d'être reliée isolément; tantôt l'unité répond à un ouvrage, quel que soit le nombre des volumes (ainsi dans les divisions de la théologie et du droit canonique inventoriées avant 1876); ailleurs enfin, dans les divisions cataloguées et classées méthodiquement, l'unité comprend toutes les éditions d'un même ouvrage: on l'appelle alors cote principale. Pour connaître approximativement le nombre des volumes, il faut majorer le chiffre des cotes dans des proportions très variables. Nous citons, à la suite de la colonne des cotes employées, le total obtenu par la majoration que propose M. L. Delisle. On conçoit tout ce qu'une telle évaluation a de relatif. Quoiqu'elle produise un total de 1,923,562 volumes, M. Delisle estime que ce chiffre peut, sans exagération, être porté à 2,200,000.
| Lettres des séries. | CADRE DE CLASSEMENT de la Bibliothèque nationale. | COTES employées. | ÉVALUATION en volumes. | LONGUEUR des tablettes. | |
| Fonds ordinaire. | Réserve. | ||||
| THÉOLOGIE. | m | m | |||
| A | Écriture sainte | 17,088 | 22,784 | 626 | 121 |
| B | Liturgie et Conciles | 26,083 | 34,777 | 682 | 72 |
| C | Pères de l'Église | 4,585 | 6,113 | 189 | 74 |
| D | Théologie catholique | 68,741 | 91,654 | 3,679 | 190 |
| D2 | Théologie non catholique | 15,704 | 20,938 | 317 | 12 |
| Total des divisions de la Théologie | 132,201 | 176,266 | 5,493 | 469 | |
| JURISPRUDENCE. | |||||
| E | Droit canonique | 8,129 | 10,832 | 207 | 33 |
| *E | Droit de la nature et des gens | 6,723 | 6,842 | 185 | 14 |
| F | Droit civil | 117,381 | 120,135 | 1,571 | 69 |
| Total des divisions de la Jurisprudence | 132,233 | 137,809 | 1,963 | 116 | |
| HISTOIRE. | |||||
| G | Géographie et Histoire générale | 35,941 | 36,974 | 911 | 80 |
| H | Histoire ecclésiastique | 31,977 | 32,450 | 658 | 62 |
| J | Histoire ancienne (Grecs, Byzantins, Turcs, Romains, Antiquités) | 27,910 | 28,505 | 583 | 84 |
| K | Histoire d'Italie | 16,713 | 17,212 | 395 | 24 |
| L | Histoire de France | 242,082 | 363,123 | 3,962 | 293 |
| M | Histoire d'Allemagne, des Pays-Bas, des pays du nord et de l'est de l'Europe | 45,261 | 46,894 | 1,080 | 26 |
| N | Histoire de la Grande-Bretagne | 12,957 | 19,435 | 650 | 27 |
| O | Histoire d'Espagne et de Portugal (Espagne, 5,547; Portugal, 1,317) | 6,864 | 10,296 | 220 | 18 |
| O2 | Histoire d'Asie | 5,810 | 8,715 | 207 | 15 |
| O3 | Histoire d'Afrique | 2,756 | 4,134 | 68 | 4 |
| P | Histoire d'Amérique | 6,469 | 9,703 | 336 | 3 |
| P2 | Histoire d'Océanie | 270 | 405 | 11 | » |
| Q | Bibliographie | 39,049 | 39,461 | 663 | 35 |
| Total des divisions de l'Histoire | 474,079 | 617,307 | 9,744 | 671 | |
| R | Sciences philosophiques, politiques, économiques, morales et physiques | 81,230 | 84,792 | 1,620 | 77 |
| S | Sciences naturelles | 59,456 | 61,196 | 1,179 | 41 |
| T | Sciences médicales (y compris environ 25,000 thèses) | 51,173 | 93,230 | 1,456 | 38 |
| V | Mathématiques, sciences et arts | 115,200 | 119,009 | 2,028 | 67 |
| Vm | Musique | 18,828 | 204,000 | 631 | 11 |
| Total des divisions des Sciences et arts | 325,887 | 562,227 | 6,914 | 234 | |
| X | Linguistique et rhétorique | 48,781 | 50,467 | 887 | 86 |
| Y | Poésie et théâtre | 158,208 | 158,908 | 1,542 | 279 |
| Y2 | Romans | 95,327 | 100,232 | 1,777 | 74 |
| Z | Polygraphie et collections diverses | 90,353 | 120,346 | 2,025 | 343 |
| Total des divisions des Belles-lettres et de la Polygraphie | 392,669 | 429,953 | 6,231 | 782 | |
| Total général | 1457,069 | 1923,562 | 30,345 | 2,252 | |
«Sur ces 30 divisions, il y en a 8 dont les livres ont été classés méthodiquement dans les trente dernières années, sans qu'il soit resté trace des rangements antérieurs. Ce sont les divisions L, N, O, O2, O3, P, P2 et T. Chacune de ces divisions comporte un nombre plus ou moins considérable de subdivisions, à la fin de chacune desquelles trouvent place les livres de même nature dont s'enrichit la Bibliothèque. (Ainsi l'histoire de France, L, forme 15 chapitres subdivisés en 892 sections; les chapitres sont désignés par des sous-lettres La, Lb, etc., que l'on surcharge de chiffres pour indiquer les sections: La1 — La16, Lb1 — Lb57, etc.)