A droite et à gauche, percées dans la courbe extrême de la voûte qui retombe et s'appuie sur les dalles, deux issues basses, noires d'ombre, semblent les bouches de deux longs couloirs dédaléens.

Des chaînes d'or enchaînent à sept cippes triangulaires sept femmes coiffées de mitres et habillées de robes traînantes. Chacune, dans la cavité de chaque cippe, entretient le feu coloré de chaque planète. Et, comme elles se penchent sur les creusets occultes, leurs visages se colorent diversement entre leurs tresses tordues en cornes de bélier. La magicienne de Saturne a le visage livide, presque noir; la magicienne de Jupiter l'a rouge clair; la magicienne de Mars, rouge sombre; la magicienne de Mercure, bleu; la magicienne de Vénus, changeant; la magicienne de la Lune, argenté; la magicienne du Soleil, tout or. A leurs pieds gisent des coffrets, des corbeilles, des urnes, des fioles, des coupes, des tablettes. Et, penchées, elles épient les fusions sublimes, à travers leurs masques planétaires qui tour à tour s'avivent et pâlissent en dégradant par d'indicibles nuances.

Comme la sirène qui souffle dans la nacre de la conque tordue, chacune chante profondément dans le charme de la pierre creuse.

PHOENISSE.

Magister Claudius sonum dedit.

Un nouveau Signe est dans l'espace.

Un royaume trouve son roi.

Le jour tremble. La nuit s'efface.

ILAH.

1595O Temps, ô Temps, sable fugace