2925mon Lys fleuri dans la chair pure?

Il est tout clair sur mes genoux,

Il est sans tache et sans blessure.

Voyez. Et dans ma chevelure

tous les astres louent Sa clarté.

2930Il éclaire de Sa figure

ma tristesse et la nuit d'été.

On entend, tout à coup, tomber les chaînes qui enchaînaient aux cippes les sept magiciennes planétaires. Les vantaux de la porte d'airain s'entr'ouvrent, laissant échapper une lumière éblouissante. Hassub, Jardane, Ilah et Phéroras montent les degrés aux sept couleurs et poussent les vastes vantaux qui sur leurs gonds résonnent comme une multitude de cymbales et de sistres. Dans une lumière éblouissante, la Chambre magique apparaît, avec tous ses signes, tous ses cercles, tous ses orbes, comme le simulacre fabuleux du nouveau Firmament et de l'antique Éther. Le Zodiaque tourne à la rencontre des planètes, chargé d'animaux, de monstres et de jeunesses. Le Bélier aux cornes torses est accroupi, morose, le mufle vers l'Occident; et le Taureau, tronqué à mi-corps, le front bas, semble lui être soudé, à la façon de ceux géminés de la Perse. Les Gémeaux imberbes, le couple fraternel des enfants du Cygne, sont assis ensemble, les pieds en avant, chaussés de hauts brodequins aux courroies entrelacées; et Pollux se détourne du Cancer à la carapace énorme, qui dans le marais de Lerne mordit l'orteil d'Hercule. Le Lion, celui que l'Alcide étouffa entre ses coudes à Némée, s'avance farouche, dans le sens du mouvement diurne. Le Scorpion, celui qu'Artémis envoya contre le chasseur fils de Neptune, ouvre ses serres cruelles vers la Balance qui penche. Le Sagittaire, déployant à son épaule d'homme sa nébride comme une aile, tend son arc grec et se cabre sur ses jarrets de cheval. Le Verseau gracieux, semblable à l'échanson Ganymède, se détourne du Capricorne à la queue trifide et renverse l'urne pleine, du côté des Poissons.

Mais ce n'est plus Samas qui conduit les planètes et domine tous les domaines bleus. On aperçoit dans l'éblouissement les pieds divins de la Vierge mère du Sauveur posés sur le croissant de la Lune, et les bords étoilés de son manteau d'azur.

On n'entend pas résonner la lyre heptacorde des Sphères accompagnant la Voix céleste; mais on se perd dans l'harmonie des myriades, dans le chœur infini des rayons. La lumière est nativité, béatitude et musique.