NICANOR.
LES ORPHIQUES.
LA TOURBE DES PRETRES, DES SACRIFICATEURS, DES VICTIMAIRES, DES AUGURES, DES MAGES, DES DEVINS, DES ASTROLOGUES, DES GRAMMAIRIENS, DES EUNUQUES.
LES ARCHERS ASIATIQUES.
LES ESCLAVES DE COULEURS DIVERSES
CHORVS SYRIACVS.
VOX SOLA.
On aperçoit le vaste laraire de l'Auguste, formé d'une salle pentagonale dent une paroi se creuse comme une sorte d'abside à la voûte lisse profondément dorée.
Au centre du plafond à lacunars bleus, une ouverture circulaire qui se ferme au moyen d'un bouclier rond comme ceux des Curètes, manœuvré par des chaînes, laisse échapper la fumée des aromates. Les autres parois sont revêtues de planches d'ivoire versatiles, qui recouvrent les niches où sont cachées les théogonies sublimes et les conjonctions ineffables. Dans l'hémicycle, la multitude multiforme des dieux se dresse comme une cohorte exsangue en rangs serrés, faite de marbres, de métaux, de bois, d'argiles, de pierres fulgurales, de pâtes inconnues. Aux douze grands dieux de Rome, aux mille petits dieux latins des demeures, des carrefours, des étuves, des vergers, des celliers, des champs, des ports, des navires, et de tous les actes, de tous les aspects, de tous les instruments de la vie, et de tous les rites et de tous les mystères de la mort, des funérailles, de la sépulture, se mêlent les déités énormes des Ptolémées et des Achéménides, les Baals ardents de Syrie, les idoles raides à oreilles pointues, à bec, à museau, les sphinx, les apis, les cynocéphales transportés de la vallée du Nil par les Empereurs superstitieux, les Couples et les Triades farouches venus d'outre-mer avec les esclaves, les courtisanes, les marchands et les soldats.
On découvre l'Ephésienne toute noire, hérissée de mamelles, avec l'éclat blanc de l'émail dans ses orbites, avec des lions sur ses épaules et des abeilles au pied de la gaine qui lui serre les jambes comme l'écorce d'un tronc enraciné. La Grande Mère de l'Ida couronnée de tours est assise, non sur son char, mais sur le navire qui remémore sa navigation triomphale à la bouche du Tibre. Le Zeus solaire de Doliché, qu'une tribu de forgerons créa des étincelles du fer rouge, debout sur un taureau, armé de la hache à double tranchant, porte l'armure du légionnaire romain.