tombe comme gouttes de sang,

trempe la terre.

La sueur mortelle et le sang noir et les sursauts du supplice et les battements du flanc transpercé et le profond soupir, et les larmes de l'inconsolable amour, et le corps embaumé dans le linceul, et toutes les ténèbres: ces choses, il les contient, semblable au grain que verse le Van mystique, où tout est contenu. Or le souffle lugubre semble venir de loin, de la lointaine Asie desséchée, des côtes de la Phénicie, des gorges du Liban, des confins de l'Euphrate, des oasis du Désert. Les femmes syriennes tressaillent comme par la présence de leur dieu androgyne.

LES FEMMES DE BYBLOS.

Ah! Tu pleures le Bien-Aimé!

Tu pleures l'Archer du Liban.

3310O sœurs! O frères!

Elles revoient le fleuve rougi par le sang du chasseur divin, et les catafalques funéraires dressés aux abords des Temples, et l'image du dieu mort enveloppé dans les baumes et les linges, et le cercueil orné d'anémones et de roses; et les cheveux épars, les ceintures dénouées, les robes déchirées, les larmes versées sur le seuil des portes ou le long des murailles saintes.

Hélas! Tu pleures Adonis!

O sœurs! O frères!