» En passant, je puis t’affirmer qu’Homère n’exagère pas, quand il détaille la goinfrerie des héros de l’Iliade.
» Où je vais, elle va, et je promène mon animal de porte en porte, pour la plus grande joie de l’École, qui a si peu souvent l’occasion de rire.
» Elle m’a mise au courant de toutes ses petites affaires ; puisque le secret de la confession ne saurait exister vis-à-vis d’un quadrumane, je ne me tiens pas d’aise de tout te raconter. Fais-en des papillotes pour ta coiffure du dimanche, c’est tout ce que cela mérite.
» Les bras de Calypso étant trop petits pour étreindre la majesté de son buste, à l’occasion je deviens sa chambrière. Sur le coup de huit heures, je pénètre dans sa « spélonque » comme dit, en se bouchant le nez, la suave Jeanne, joueuse de Viole à la façon de Sapho.
» Calypso dort, empaquetée dans ses draps ; près du feu, l’indispensable : comble ! A mon appel, la nymphe se réveille ; une grosse tête poilue se dégage de l’outre qui gonflait les couvertures, elle m’apparaît enfin, vêtue d’une rude chemise lacédémonienne.
» Je procède avec méthode : on prend les distances ; elle se pose, s’affermit sur ses jarrets, le dos tourné à la porte entr’ouverte. Un deux, je passe l’armure. Bombez le torse, bras en l’air ; d’un coup de poing, je ceinturonne tout ce que je trouve.
» Une, deux. Bougeons plus.
» C’est le moment de prendre des ris, je m’arc-boute, je lace, je tire, je sangle. Elle devient mince ! mince ! mince !
» Pif-paf-pouf la poitrine s’engouffre. Au cran !
» Elle étrangle, je suis sans pitié : je bondis, derrière elle, je raidis mes muscles, mon genou sur le rein rebelle, je la repousse, je la harponne, cric, crac, je serre à bloc. Ça y est.