— Boudious, quelle canaille ! pauvre Hortense, la voilà bien plantée aujourd’hui, plus d’écus et pas d’Ugène !

— Jeanne Viole aura un bon rang à l’agrégation.

— Euh ! euh ! elle a fait une de ces gaffes, l’autre jour en parlant de l’Alsace-Lorraine, comme d’une terre allemande. Je m’apprête à danser une bamboula en son honneur.

— Que t’a-t-elle fait Berthe, pour être impitoyable le dernier jour de notre vie commune ?

— A moi rien, mais elle préparait une petite infamie, dont tu aurais été victime, sans le hasard qui m’a permis de prendre Angèle Bléraud par la peau du cou, de la mettre à la porte de ta chambre, qu’elle cambriolait pour le compte de Jeanne Viole.

Il s’agissait de dénicher ton journal, et de le faire parvenir à temps à Mme Jules Ferron ; tu le vois, c’était renouveler l’affaire des billets doux, on essayait de se débarrasser de toi, comme on l’a fait d’Adrienne Chantilly.

Je l’ai menacée, si elle touchait à toi, d’aller moi-même dire à Mme Jules Ferron ce qu’elle fait, depuis trois ans, avec Jeanne Viole, et de les faire rayer toutes deux de notre association de Sèvres.

— Oh laisse-la, Berthe, je lui pardonne, il faut avoir pitié, même d’une Angèle Bléraud ; ne faisons souffrir personne, nous n’en avons pas le droit.

Un flot de Sèvriennes monte à l’assaut du parc ; les Scientifiques se préoccupent de l’état du ciel, l’observatoire annonce pour ce soir le rarissime passage de Vénus derrière la lune ; les Littéraires s’informent des postes disponibles, des directrices aimables et franches, de l’accueil des citadins.

Hélène, Juliette, Marianne montent à leur tour, et jettent déjà leurs projets de retour par-dessus les vacances.