Charlotte viendra demain me voir. J’ai l’influenza, défense de sortir.

L’École est vide, je me sens perdue. Je n’aime pas les choses qui finissent, j’ai l’angoisse de quelque chose qui meurt en moi, autour de moi.

Adieu, année ancienne, tu me fus propice, que l’année nouvelle soit encore une année heureuse pour ceux qui me sont chers.

1er janvier 189 .

Ave, et pourtant j’ai du chagrin, je ne les verrai point.

Le médecin est venu : quel bonhomme ! un ricaneur ; il m’a auscultée, Mme Jules Ferron l’accompagnait, et son œil curieux s’est vite renseigné sur le décor de ma chambre.

Il a plaisanté sur tout, sur mes yeux trop creux, Mme Jules Ferron silencieuse l’écoutait. En partant, elle m’a tendu la main. Je lui ai dit merci.

Charlotte attendait dans la chambre de Berthe ; elle n’a pu rester, l’infirmière l’a renvoyée, et je n’ai rien su d’elle, de lui, si ce n’est qu’il a de la peine de me savoir malade. Ma chère Lolotte, pour mes étrennes, vient de m’apporter cette Diane de Gabie qu’il a choisie à mon intention… Comme c’est bon de savoir, qu’au loin, une amitié vous cherche. Leur bonheur m’est cher.

4 janvier.

Je ne souffre plus, demain je reprendrai mes cours.