— Plus tôt que tu n'oserais l'espérer.
— Vous vous jouez de moi... Cela n'est pas sérieux ?
— Tellement sérieux que je viens t'offrir le bâton de maître de l'oeuvre.
— Quoi ! s'écria François, le front rayonnant d'espérance, je conduirais des ouvriers, je construirais des églises ! Tous mes rêves, toutes les belles choses que j'ai conçues, que j'ai méditées, je pourrais leur donner une forme, leur donner la vie, les soumettre au jugement des autres ? Je me ferais un nom, je serais assez grand pour qu'on ne me refusât pas la main de Marie !... Mais non ! cela n'est pas vraisemblable, cela est impossible, je ne suis qu'un insensé ; et vous-même, vous ne pouvez vous empêcher de rire de ma folie !
— Tu as si bien ta raison, et tout ce que je te dis est si bien l'expression de la vérité que voilà Henri Montredon...
— Tout prêt à vous saluer du titre de maître de l'oeuvre, dit le nouveau venu en entrant.
— Ah ! s'écria François.
Il ne put trouver une parole ; mais il tendit la main à son protecteur et le remercia par un regard éloquent.
— J'espère que tu nous construiras une belle église, dit Montredon en lui frappant amicalement sur l'épaule.
Il lui expliqua en peu de mots ce dont il s'agissait.