A MONSIEUR GEORGES BIARD
LIEUTENANT DE VAISSEAU

Mon cher commandant,

Lorsque j’ai réuni mes correspondances au journal le Temps, pour faire un récit plus complet de mes impressions et de mes études, vous avez bien voulu me communiquer vos notes de voyage ; j’y ai trouvé des éléments nouveaux et des renseignements précieux.

J’en ai usé et abusé ; en sorte que, tout autant que moi, vous pourriez mettre votre nom à la première page de ce livre. Vous ne le voulez pas, c’est votre droit ; mais moi, je veux qu’on le sache, c’est mon devoir.

Nos amis de la Junon retrouveront donc dans ces pages quelques-unes de vos appréciations, la plupart de vos idées.

Si ce beau voyage, qui devait comprendre le tour de la terre, n’a pu être effectué qu’en partie, ils savent que les circonstances ont été plus fortes que votre volonté, et que votre chagrin a été aussi profond que grande notre déception.

Ils se joindront à moi pour vous remercier de votre collaboration à cet ouvrage modeste, mais sincère, qui aura au moins le mérite d’attirer de nouveau l’attention sur une idée excellente et patriotique, dont vous pouvez être fier d’avoir été le promoteur.

Je vous renouvelle, mon cher commandant, l’expression de mes sentiments très affectueux, et je signe,

Votre dévoué collaborateur,
Gaston Lemay.

Paris, le 30 juin 1879.