»Mais il ne peut rien pour moi, rien avant ma mort! Mais vous, Christine, vous Bénédict Masson, vous pouvez me sauver avant ma mort!... je vous attends!...»

CINQUIÈME LETTRE.—«Cette nuit, il m'a accompagnée jusqu'à ma porte comme un amant soumis... et il s'est retiré très triste... Alors, j'ai vivement fermé la porte... j'ai poussé le verrou, et j'ai couru à la fenêtre, et j'ai fermé la fenêtre... Car, tant que la fenêtre est ouverte, il peut me mordre à distance!...

»Maintenant, je suis plus tranquille... je sens que je vais avoir une nuit tranquille...

»Quelle paix sur la terre!... enfin!... enfin!... Une lune éblouissante apparaît par la brèche du rempart... Un paysage d'argent m'entoure. Je me sens la légèreté d'un ange. J'ai des ailes. Si j'ouvrais la fenêtre, j'imagine que je pourrais me balancer au-dessus des eaux miroitantes de la Loire.

»J'y regarderais une dernière fois mon image terrestre et je filerais vers les étoiles, détachée à jamais des liens de sang qui me rivent à cette terre maudite.

»Mais je n'ouvrirai pas la fenêtre, car c'est trop dangereux.

»La blessure pourrait entrer par la fenêtre!

»Horreur! Oh! Horreur! Je suis blessée!

»Je suis blessée!

»Mais par où est entrée la blessure? Qui le dira jamais?