Christine me regarda fixement.

—Mariée à qui?... Dites toute votre pensée, insista-t-elle.

—Eh bien, mariée à un phénomène qui est plus fort que la mort... Est-ce bien cela?

Elle hocha la tête d'une façon qui ne me satisfit qu'à moitié. J'insistai à mon tour.

—Tout cela ne tient pas debout... Elle pourrait s'imaginer cela et ne pas se laisser mourir de faim!

—Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?... Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?

Je repris, au bout d'un instant:

—Si je vous entends bien, ce Saïb Khan ne peut la guérir que pour quelques semaines...

Sans me regarder, Christine me répondit:

—Hélas! Il est étrange même de voir avec quelle régularité de pendule la marquise glisse de la vie à la mort pour remonter de la mort à la vie et redescendre ensuite! Au bout d'un certain temps, chez elle, l'idée réapparaît, l'idée qui finira par la tuer si on ne l'en guérit pas... Le marquis n'a plus d'espoir qu'en Saïb Khan.