Le reste du visage disparaissait vaguement sous des linges, sous une accumulation blanchâtre qui lui cachait le nez et la bouche; quant au corps, Norbert et Christine me le cachaient et ce n'est que bien imparfaitement que j'assistai, de mon petit observatoire, à une intervention chirurgicale qui devait être tout à fait exceptionnelle...

Je répète tout à fait exceptionnelle car, bien que, de toute évidence, Gabriel fût endormi, cela n'empêcha point le patient, à diverses reprises, de se soulever à demi dans une espèce de bondissement désordonné et farouche pour retomber presque aussitôt entre l'horloger et sa fille qui lui tenaient les mains et les bras et le rétablissaient dans sa position première.

Par trois fois les pinces incandescentes avaient accompli leur office!

Quel office?

Il ne s'agissait point là simplement des «pointes de feu», ni même de quelque chose d'approchant, comme l'on pense bien.

C'était l'intérieur du corps que l'on travaillait et que j'entendais grésiller de ma fenêtre.

Et puis Jacques jeta ses tenailles et, aidé de l'homme aux bras rouges, resta penché sur Gabriel pendant un temps qui me parut infiniment long.

Christine me tournait le dos; j'imaginais facilement que, de la façon dont elle était placée et dont elle tenait le poignet du patient, elle ne cessait de tâter le pouls de celui-ci, précaution primordiale dans une intervention qui me paraissait se prolonger au delà des bornes ordinaires...

Enfin l'opérateur et son aide se relevèrent.

Ils étaient rouges de la tête aux pieds, effrayants à voir.