Sur quoi on entendit la voix aigre de la maman Valérius qui, tout à coup, prenait le parti de Christine, en voyant avec quelle hostilité sa pupille venait de s'adresser au vicomte.

—Et si elle l'aime, monsieur le vicomte, cet homme-là, cela ne vous regarde pas encore!

—Hélas! madame, reprit humblement Raoul, qui ne put retenir ses larmes... Hélas! Je crois, en effet, que Christine l'aime... Tout me le prouve, mais ce n'est point là seulement ce qui fait mon désespoir, car ce dont je ne suis point sûr, madame, c'est que celui qui est aimé de Christine soit digne de cet amour!

—C'est à moi seule d'en juger, monsieur! fit Christine en regardant Raoul bien en face et en lui montrant un visage en proie à une irritation souveraine.

—Quand on prend, continua Raoul, qui sentait ses forces l'abandonner, pour séduire une jeune fille, des moyens aussi romantiques...

—Il faut, n'est-ce pas, que l'homme soit misérable ou que la jeune fille soit bien sotte?

—Christine!

—Raoul, pourquoi condamnez-vous ainsi un homme que vous n'avez jamais vu, que personne ne connaît et dont vous-même vous ne savez rien?...

—Si, Christine... Si... Je sais au moins ce nom que vous prétendez me cacher pour toujours... Votre ange de la musique, mademoiselle, s'appelle Erik!...

Christine, se trahit aussitôt. Elle devint, cette fois, blanche comme une nappe d'autel. Elle balbutia: