Raoul était brave, et cependant il tremblait. Il avança la main, tâtonnante, hésitante, incertaine, sur la table de nuit. Ayant trouvé la boîte d'allumettes, il fit de la lumière. Les yeux disparurent.
Il pensa, nullement rassuré:
—Elle m'a dit que ses yeux ne se voyaient que dans l'obscurité. Ses yeux ont disparu avec la lumière, mais lui, il est peut-être encore là.
Et il se leva, chercha, fit prudemment le tour des choses. Il regarda sous son lit, comme un enfant. Alors, il se trouva ridicule. Il dit tout haut:
—Que croire? Que ne pas croire avec un pareil conte de fées? Où finit le réel, où commence le fantastique? Qu'a-t-elle vu? Qu'a-t-elle cru voir?
Il ajouta, frémissant:
—Et moi-même, qu'ai-je vu? Ai-je bien vu les yeux de braise tout à l'heure? N'ont-ils brillé que dans mon imagination? Voilà que je ne suis plus sûr de rien! Et je ne prêterais point serment sur ces yeux-là.
Il se recoucha. De nouveau, il fit l'obscurité.
Les yeux réapparurent.
—Oh! soupira Raoul.