Mais monsieur le commissaire de police Mifroid n'eût peut-être pas été si content de lui-même, s'il avait su que la course de son rapide messager avait été arrêtée dès l'entrée de celui-ci dans le premier corridor, vide cependant de la foule des curieux que l'on avait dispersée. Le corridor paraissait désert.
Cependant Raoul s'était vu barrer le chemin par une grande ombre.
—Où allez-vous si vite, monsieur de Chagny? avait demandé l'ombre.
Raoul, impatienté, avait levé la tête et reconnu le bonnet d'astrakan de tout à l'heure. Il s'arrêta.
—C'est encore vous! s'écria-t-il d'une voix fébrile, vous qui connaissez les secrets d'Erik et qui ne voulez pas que j'en parle. Et qui donc êtes-vous?
—Vous le savez bien!... Je suis le Persan! fit l'ombre.
[XX]
[LE VICOMTE ET LE PERSAN]
Raoul se rappela alors que son frère, un soir de spectacle, lui avait montré ce vague personnage dont on ignorait tout, une fois qu'on avait dit de lui qu'il était un Persan, et qu'il habitait un vieux petit appartement dans la rue de Rivoli.
L'homme au teint d'ébène, aux yeux de jade, au bonnet d'astrakan, se pencha sur Raoul.