—Je ne sais pas si cela est possible, mais il y à façon d'enlever et M. le comte Philippe, que Je sache, n'a jamais travaillé dans la féerie.

—Vos arguments sont frappants, monsieur, et je ne suis qu'un fou!... Oh! monsieur! courons! courons! Je m'en remets entièrement à vous!... Comment ne vous croirais-je pas quand nul autre que vous ne me croit? Quand vous êtes le seul à ne pas sourire quand on prononce le nom d'Erik!

Disant cela, le jeune homme, dont les mains brûlaient de fièvre, avait, dans un geste spontané, pris les mains du Persan. Elles étaient glacées.

—Silence! fit le Persan en s'arrêtant et en écoutant les bruits lointains du théâtre et les moindres craquements qui se produisaient dans les murs et dans les couloirs voisins. Ne prononçons plus ce mot-là ici. Disons: Il; nous aurons moins de chances d'attirer son attention...

—Vous le croyez donc bien près de nous?

—Tout est possible, monsieur... s'il n'est pas, en ce moment, avec sa victime, dans la demeure du Lac.

—Ah! vous aussi, vous connaissez cette demeure?

—... S'il n'est pas dans cette demeure, il peut être dans ce mur, dans ce plancher, dans ce plafond! Que sais-je?... L'œil dans cette cette serrure!... L'oreille dans cette poutre!... Et le Persan, en le priant d'assourdir le bruit de ses pas, entraîna Raoul dans des couloirs que le jeune homme n'avait jamais vus, même au temps où Christine le promenait dans ce labyrinthe.

—Pourvu, fit le Persan, pourvu que Darius soit arrivé!

—Qui est-ce, Darius? interrogea encore le jeune homme en courant.