Et M. Mifroid ayant remis sur son nez le binocle aux glaces transparentes, fixa attentivement le régisseur, comme s'il voulait pénétrer sa pensée.

—Mauclair prise donc?... demanda-t-il d'un ton négligent.

—Mais oui, monsieur le commissaire... Tenez, voici justement sur cette planchette sa tabatière... Oh! c'est un grand priseur.

—Et moi aussi! fit M. Mifroid, et il mit la tabatière dans sa poche.

Raoul et le Persan assistèrent, sans que nul ne soupçonnât leur présence, au transport des trois corps que des machinistes vinrent enlever. Le commissaire les suivit et tout le monde derrière lui, remonta. On entendit, quelques instants encore, leurs pas qui résonnaient sur le plateau.

Quand ils furent seuls, le Persan fit signe a Raoul de se soulever. Celui-ci obéit; mais comme, en même temps, il n'avait point replacé la main haute devant les yeux, prête à tirer, ainsi que le Persan ne manquait pas de le faire, celui-ci lui recommanda de prendre à nouveau cette position et de ne point s'en départir, quoi qu'il arrivât.

—Mais cela fatigue la main inutilement! murmura Raoul, et si je tire, je ne serai plus sûr de moi!

—Changez votre arme de main, alors! concéda le Persan.

—Je ne sais pas tirer de la main gauche!

À quoi le Persan répondit par cette déclaration bizarre, qui n'était point faite évidemment pour éclaircir la situation dans le cerveau bouleversé du jeune homme: